Maurice Couquiaud, Anthologie poétique (1972-2012)

Maurice Couquiaud, Anthologie poétique (1972-2012)

Poésie verticale

La poésie selon Maurice Coquiaud métamorphose le mur de la réalité en une peau vivante. Une mue fait que l’incompréhensible se transforme en mystère – ce qui n’est pas la même chose. Depuis l’origine de sa quête, celui qui fut rédacteur en chez de la revue Phréatique est attiré par la lumière. Elle affleure de la source du monde dont il regroupe les « larmes de fond (…) par instinct liquide ». Les textes réunis ici pour baliser un itinéraire de 50 ans ne cherchent jamais l’éblouissement mais proposent néanmoins une issue lumineuse en réponse à la phrase de Victor Hugo : « La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder. « 

La lumière passe par une succession de métaphores dont les émergences permettent à l’infini de pénétrer au sein des contingences et des guerres qui ne cessent de traumatiser le poète depuis son enfance puisqu’il en a fait l’expérience. Néanmoins, la poésie reste l’appel des possibles : « la lumière poétique se dresse verticalement sur le foyer de l’instant. Elle emprunte au souvenir son combustible et diffuse l’émotion dans ce qu’elle éclaire » écrit Couquiaud. Eclate la voix sourde de l’existence faite de présence jusque dans des horizons de feu où le poète trouve une forme d’ « innocence ». Au-delà des nuits et des brouillards subsistent des échanges, des déferlements, des tourbillons de perles dans les bassins d’ombre. Leurs grondements sourds accordent au monde vie et mouvement. Chaque temps de l’œuvre s’affirme telle une parabole de l’existant, la vague d’un océan sans rivage ou d’une terre sans bord à la recherche d’un certain tao.

jean-paul gavard-perret

Maurice Couquiaud, Anthologie poétique (1972-2012), L’Harmattan, coll. Poètes des cinq continents, Paris, 2014, 222 p. -20,00 €

Laisser un commentaire