Mathieu Terence, De l’avantage d’être en vie

Mathieu Terence, De l’avantage d’être en vie

Un temps de répit

Mathieu Terence prouve que ce n’est pas forcément dans la blessure que certains livres s’écrivent bien. La création peut donc se passer d’impasses afin de concocter ses bouillons de culture. Le livre, évitant le jus de moi, opère une sorte de dédoublement pour sublimer l’exigence. Laquelle illustre que l’écrivain n’est pas forcément et toujours face au vide. Il invite le lecteur à un consensus avec la vie.
L’auteur dément donc bien des clichés et prouve qu’il n’est pas besoin de renoncements pour bien écrire. Mathieu Terence devient un poète d’un quasi nouveau genre. La rage n’est ici que celle de vivre et l’écriture ose des altitudes loin de tout dogmatisme ou retour à des prescriptions. L’écrivain en effet ne moralise en rien : il s’exprime selon une vision postmoderne dans la mesure où elle repose la question du sens.

Le texte réveille le lecteur en lui proposant des voies rarement évoquées. Il y a là tout un potentiel de forces et de vies où des étincelles jaillissent. C’est là aller au plus profond de l’être, remettre à jour une mystique en excluant toute religiosité en un lien physique humain/univers qui refuse tout « new age ».
Les polarités de la littérature s’inversent à travers un réel revisité en utilisant la réalité même. Le mythe du chaos ne plane plus sur la pensée. Pas même celle de l’instable chère à Ilya Prigogine. Elle trouve une sorte d’assise et de socle. L’impossible certes reste encore à penser mais Terence offre un temps de répit.

jean-paul gavard-perret

Mathieu Terence, De l’avantage d’être en vie,  Gallimard, coll. L’infini, Paris, 2018, 128 p. – 12,00 €.

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