Mas aux schismes
Ecrire est se dénuder, dit-on car les frappes sensuelles surgissant – et agissant hors sens – agitent de commotions le langage. Soudain, le corps démesuré défie d’effets déroutants et, dans le courant de la parole, la mesure de nos angoisses et plaisir.
Là seulement s’aperçoit la nudité venant de plus loin que le moi et allant bien au-delà des mots mais tout autant en deçà du langage. Celui-ci n’est plus étranglé d’intensités ambivalentes ou d’injonctions morales.
Tout se fait représentations dites pornographiques et ce, bien que le dénudé ne soit pas l’obscène. Ses fantaisies sexuelles dites coupables ne montrent que des secrets de Polichinelle poussés à l’ignoble et aux pulsions estimées basses. Trop rarement, elles sont en littérature non exemptes de costumes de scène et de falbalas mordorés au nom d’un vieux tréfonds sulpicien.
Il y a alors des grimaces surjouées, une colonne de mots en érection sur Leporello de papier. Sade comme Artaud en sont sortis pour affirmer des vérités d’appartenance à la danse de l’inconscient.
jean-paul gavard-perret
Photo Aurora Banulescu