Marie Higgins Clark & Alafair Burke, L’affaire Cendrillon
Quand le crime inspire la télé-réalité
Vingt ans déjà que la jeune étudiante Susan Dempsey a été retrouvée assassinée dans Laurel Canyon Park, chaussée d’un seul escarpin. Vingt ans qu’une famille désespérée espère retrouver le meurtrier. Aujourd’hui, Laurie Moran, productrice d’une série de télé-réalité qui se penche sur des « cold cases », a décidé de reconstituer « l’affaire Cendrillon ». Pour se faire, elle va réunir les protagonistes encore vivants de cette sordide histoire qui défraya la chronique, en espérant faire exploser l’audimat.
Rosemary Dempsey va donc à nouveau être confrontée à la meilleure amie de sa fille, son ex-petit ami, un célèbre comédien, ainsi qu’à un riche producteur de cinéma et quelques autres personnes qu’elle aurait préféré ne jamais revoir. Très vite, l’enquête va virer au cauchemar pour cette famille meurtrie, mais aussi pour Laurie, qui va apprendre à ses dépens qu’il n’est pas toujours bon de braquer ses projecteurs sur le passé.
Si Mary Higgins Clark a connu le succès dans les années 80 et 90 avec une multitude de romans policiers, tels que La nuit du renard, Nous n’irons plus au bois, Dors ma jolie, elle reste une auteure très prolixe et appréciée par un public fidèle, en majorité, constitué de femmes qui s’identifient assez facilement aux héroïnes en détresse qu’elle dépeint dans ses livres. En s’associant à Alafair Burke, fille de James Lee Burke, on aurait aimé que le titre accrocheur L’affaire Cendrillon tienne ses promesses. Mais ici point de conte de fées moderne, juste un roman sans fard, ni magie !
L’écriture à quatre mains ne fonctionne pas, et on s’ennuie très rapidement. Plus rapidement que dans leur premier roman ensemble, Le bleu de tes yeux, basé sur le même principe. Une multitude de personnages peu attachants et trop stéréotypés, un scénario faiblard, pas vraiment à la hauteur des nombreux succès précedents, une histoire qui peine à devenir intéressante… bref, une déception ! Pourtant, l’idée de départ était bonne : une série de télé-réalité visant à remettre au goût du jour des enquêtes policières non résolues. On s’attendait à quelques propos virulents à l’égard de ce type de programme, mais finalement on évite la critique sociale, et on nous sert la même rengaine de femme traquée par un assassin à peine inquiétant. Vraiment dommage.
Il est à espérer que ces deux auteures sauront vite reconquérir leur public, en évitant de leur proposer une copie de Blanche Neige, afin que les lectrices (ou lecteurs !) ne se transforment pas au final en Belle au bois dormant !
franck boussard
Marie Higgins Clark & Alafair Burke, L’affaire Cendrillon, Albin Michel, 2014, 405 p. – 20,00 €.