Marie-Anne Bruch, Sombres vers blancs

Marie-Anne Bruch, Sombres vers blancs

Avec humour, allégresse (même face aux difficultés qui peuvent faire basculer dans l’abîme), Marie-Anne Bruch cultive l’art de la distance mais elle reste face aux choses et aux êtres qui s’intègrent en elle pour la rendre hybride. Mais son regard les fend car ne lâche jamais sa bride. Faussement primesautière, la voici plongeuse de fond en elle dans une apnée infinie.

Le certain sourire de sa poésie accentue le vertige même si parfois « le néant est plus contagieux que l’ardeur ». Mais son « ardore » caustique tient. Certains disent à tort qu’elle est dans l’automne mais beaucoup voient en elle le printemps. Sa valise de la vie est là mais elle n’en dit rien. Elle avance et court toujours dans ses vivants paradoxes, non sans une certaine évolution concentrique.

Et dans sa poésie, tous ses mots sont des paroles qui existent. Sa langue constitue ce qui la et nous creuse. Avec tendresse, elle parcourt ses galaxies mais nous permet d’entrer dans les voyages inter-sidérant de ses rêves et de ses errances où, entre leurs ailes d’anges, existent velours et soie et au passage une certaine volupté.

Mais Marie-Anne Bruch cherche avant tout à chasser ses nuages, cacher ses songes en frôlant et passant le seuil rouge dans les sombres vers blancs. Pour autant, cette animalerie n’est pas suspecte : elle avance, découpe son désir à sa soif. Preuve que dans sa ménagerie de vers, une telle reine de la poésie est conquérante, parfois vénéneuse – le doute est permis ? Mais cherchons toujours dans son recueil les sources de ses secrets.
Parfois, elle devient Lilith, mais surtout la Femme – noblesse oblige. Prêtresse aussi, elle tord les mots pour les mettre à la renverse dans sa langue poème.

Marie-Anne Bruch, Sombres vers blancs, Editions du Petit Pavé, 2026, 56 p. – 8,00 €.

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