L’or en où tant
Ce n’est pas sans réticences : je ressasse à l’infini les mêmes questions, leur routine et la lassitude qui les accompagne. L’âge ne pousse qu’à faire polir leur vernis. Je pourrais faire autre chose mais c’est sans trop y croire. Mes interrogations me mettent dans une jubilation non exempte de perplexité et d’inquiétude. Mais elles me séduisent plus qu’elles ne me déconcertent face à ma vision d’un monde mélancolique et surtout à l’envie joyeuse d’y vivre avec sensualité et passion de mécréant pour les corps féminins qui passent sous mes yeux en leur rhétorique virtuose et ludique.
Acrobates déhanchés, ils créent mon désir enchâssé par leurs courbes et lignes. J’en ai repéré huit et si je les couche (comme aussi le 8 allongé), cela crée l’infini. Il me suffit de brouter leur herbette emmiellée entre monts et vallée. A la fin reste l’effet de mon ensemencement et de leurs floraisons et ce, en une vitesse prosodique et la dispersion d’échos non sans pétrarquisme où se résument mon action et ma partition.
jean-paul gavard-perret
Photo : Camille Nivolet