Les belles captives – entretien avec l’artiste Delphine Blais

Les belles captives – entretien avec l’artiste Delphine Blais

Apparemment cloîtrées dans leurs coquilles bigarrées, les personnages de Delphine Blais s’en émancipent. Certaines deviennent des îles, d’autres des roses des vents. Elles racontent des histoires sans paroles en marge d’un texte totalement effacé. Nous pouvons plus ou moins, d’après les peintures, déduire ce qui devait être le sens de ce texte. Il précisait sans doute la vie de ces belles captives mais qui paradoxalement ne connaissent que la liberté. Elles changent de forme au gré de l’imaginaire de leur créatrice. C’est elle qui leur donne toute leur présence là où se fraye un chemin de désir et celui de l’amour.

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Les hurlements de mes garçons quand la boîte de céréales est vide.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Je les cultive au quotidien… Je rêvais d’être artiste peintre !

A quoi avez-vous renoncé ?
Aux barrettes dans les cheveux.

D’où venez-vous ?
De la même planète que vous.

Qu’avez-vous reçu en dote ?
La fragilité du père.

Un petit plaisir quotidien ?
Le petit verre de vin entre amis à la tombée de la nuit.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres artistes ?
Mon originalité, j’espère !

Comment définiriez-vous l’approche du corps ?
Longiligne, gracile.

Quelle est la première image dont vous vous souvenez ?
Le sourire bienveillant de ma mère.

Et votre première lecture ?
René de Chateaubriand.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Léo Ferré, Barbara, Bashung…

Quel livre aimez-vous relire ?
« Journal intime » de Jules Renard.

Quel film vous fait pleurer ?
« La Strada » de Fellini.

Qui voyez-vous dans votre miroir ?
Une gamine qui a pris un sacré coup de vieux !

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
À mon père.

Quel lieu a valeur de mythe pour vous ?
Venise.

De quels artiste et écrivains vous sentez-vous proche ?
Bonnard, Giacometti…. Pour les écrivains c’est plus difficile, je me sens peut être plus proche de Colette ou George Sand.

Que voudriez vous recevoir pour votre anniversaire ?
Une nuit au musée d’Orsay.

Que défendez-vous ?
Le droit  (ou le devoir) de s’indigner.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
J’en parlerai à mon psy !

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ?
Je vois où vous voulez en venir !!! Vous me demandez de choisir entre la frustration de Lacan et la bonhomie de Woody ?! OUI à l’amour ! SI a l’amor ! Pour en revenir à la phrase de Lacan, je n’ai pas une vision de l’amour aussi négative que lui, je pense que l’amour est un malentendu, mais quel joli malentendu !

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Et sinon, ça va, vous ?

Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 20 octobre 2016.

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