Le funambule (Jean Genet / Pierre Constant) 

Le funambule (Jean Genet / Pierre Constant) 

Quelques exercices d’assouplissement sont effectués pendant que le public s’installe. On place des personnes sur la scène, de façon que le public entoure, voire cerne l’artiste. Un prologue vient rappeler le contexte – difficile – d’écriture et de représentation de la pièce à laquelle on va assister. Si le comédien prend son texte pour dire l’adresse, il se libère vite de la lecture, prenant la posture du candide inspiré, nourri d’intentions ; il s’approprie le propos comme élan et comme brèche. Cela commence par une célébration de la matière, qui conduit à proférer un hommage exalté à l’art du risque : une esthétique métaphysique de l’extrême. 

On a affaire à un grand texte, qui explore la conscience cruelle de la création : un gouffre irrépressible mais constitutif, l’expression d’une quête difficile de la coïncidence nécessaire à soi. C’est ce que dit le funambulisme : l’impérieux besoin de s’identifier à ce qui nous menace. La mort insémine le propos, omniprésente ; on comprend que Genet, après avoir écrit en 1955 ce texte pour son éphèbe Abdallah Bentaga, l’ait comme récusé après la mort de son amant. Le fildefériste, dont l’objet est la poésie, la conquête, ou la monstration, est le lieu de la rencontre de la vulnérabilité et de la sublimation : il apprivoise sa propre destruction. L’art circassien est mis en valeur comme apothéose de la personnalité des artistes et de leurs aspirations. 

de Jean Genet 

Mise en scène et interprétation Pierre Constant 

Avec la participation amicale au violon de Federico Sanz ; lumière Jacques Rouveyrollis ; collaboration artistique Yoann Guer ; photographies Sébastien Toubon.  

Au Théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse 75006 Paris 

Billetterie : 01 45 44 50 21, du lundi au samedi de 14h à 17h30, le dimanche de 13h à 17h30. https://www.theatredepoche-montparnasse.com/spectacle/le-funambule/  

Les 7 et 8 novembre 2025 à 21h.  

Le Funambule de Jean Genet est publié aux éditions Gallimard, 1958. 

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