Le Capital et son Singe (Sylvain Creuzevault/Karl Marx)

Le Capital et son Singe (Sylvain Creuzevault/Karl Marx)

Une pièce qui ne trouve pas son rythme de déploiement

Des  tables sont alignées face à face, au milieu des deux rangées de gradins qui accueillent le public. D’emblée, un long monologue met en place un échange mi-prosaïque, mi-théorique, entre Bertolt Brecht, Sigmund Freud et Michel Foucault. C’est l’occasion d’un joli numéro d’acteur, exécuté devant un malade qui termine, dubitatif, son inhalation. Un débat s’instaure entre les protagonistes de la Révolution de 1848.
La lumière reste longtemps vive durant la représentation, cherchant à commettre les spectateurs à l’action. Les dires et écrits originels sont restitués et détournés, piratés par différents procédés de télescopage, qui procèdent tantôt de la mise en dérision scénique, tantôt de la simple conjonction fortuite d’expressions ou de connotations. Le propos est tour à tour loufoque, débridé, stimulant, drôle, restant toujours décalé par rapport à l’intention théorique initiale du Capital.

Le contexte des interventions précipitées des différents protagonistes de l’action est désormais les révoltes berlinoises des années 1920. C’est l’occasion de présenter, du point de vue des nantis, les avantages du taylorisme. On assiste ensuite au procès de Blanqui, Barbès et consorts en 1849. Bien sûr, tout cela est souvent drôle, il faut en convenir. Mais Sylvain Creuzevault, qui brille par des procédés percutants et dynamiques, trouverait sans doute mieux à se réaliser dans une forme plus brève et plus cinglante.
Car si la représentation ne prend pas, c’est moins parce que la pièce est ratée que parce qu’elle ne trouve pas son rythme de déploiement : au contraire elle semble se répéter en se satisfaisant des mêmes procédés reproduits sur des supports historiques diversifiés. Il y a trop de longueurs dans la démarche, même si la spontanéité et l’ingénuité de l’intention se révèlent souvent amusantes et vivifiantes.

christophe giolito


Le Capital et son Singe

à partir du Capital de Karl Marx

mise en scène Sylvain Creuzevault

avec Vincent Arot, Benoit Carré, Antoine Cegarra, Pierre Devérines, Lionel Dray, Arthur Igual, Clémence Jeanguillaume, Léo-Antonin Lutinier, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Sylvain Sounier, Julien Villa, Noémie Zurletti

Lumière Vyara Stefanova et Nathalie Perrier ; scénographie Julia Kravtsova ;costumes Pauline Kieffer et Camille Pénager ; masques Loïc Nébréda ; régie générale Michael Schaller ; production et diffusion Élodie Régibier ; production Le Singe.

CoproductionNouveau Théâtre d’Angers – CDN Pays de la Loire, La Colline – théâtre national, Festival d’Automne à Paris, Comédie de Valence – CDN Drôme Ardèche, La Criée – Théâtre national de Marseille, Le Parvis – Scène nationale Tarbes Pyrénées, Printemps des comédiens, MC2 : Grenoble, La Filature – Scène nationale de Mulhouse, L’Archipel – Scène nationale de Perpignan, Théâtre national de Bruxelles, Le Cratère – Scène nationale d’Alès, Scènes croisées de Lozère, GREC 2014 Festival Barcelona, TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine,  Kunstenfestivaldesarts, NxtStp (avec le soutien du Programme Culture de l’Union Européenne) avec la participation du Théâtre Garonne et du Théâtre national de Toulouse. Le projet est soutenu par la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture et de la Communication

Au théâtre de la Colline, 15, rue Malte-Brun- 75020 Paris, tel : 01 44 62 52 52

http://www.colline.fr/fr/spectacle/le-capital-et-son-singe

Grand Théâtre, du 05 Septembre 2014 au 12 Octobre 2014, durée 2h45 environ,

du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h.

La configuration de la salle ne permet pas l’accès des retardataires.

En tournée : les 5 et 6 novembre, Scène Watteau – Scène conventionnée de Nogent-sur-Marne ; du 26 au 29 novembre, MC2, Grenoble ; les 4  et 5 décembre, Archipel–Scène nationale de Perpignan ; 5 et 7 février 2015, La Filature – Scène nationale de Mulhouse ; En 2015 : les 13-14 février, Le Cratère – Scène nationale d’Alès ; 11 et 14 mars, Bonlieu – Scène nationale d’Annecy ; 13 et 16 mai, Théâtre national de Bruxelles.

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