La Main de l’aviateur
Un titre de plus chez doAdo noir, des éditions du Rouergue…
La toute nouvelle collection policière des éditions du Rouergue, « doAdo noir » prend ampleur et cohésion. Ses textes, tous stylisés, abordent des sujets sociétaux forts, comme dans Rouge métro, où Claudine Galea se penche sur la solitude et le désespoir des sans-abri – un roman poignant qui exhale une violence maladive. Mais « doAdo noir » ne s’interdit pas d’agrandir ses frontières. Ainsi Florence Aubry, dans La Main de l’aviateur, n’hésite pas à transporter ses lecteurs dans un monde contemporain où le fantastique est présent. Anges de Berlin, lui, nous interroge plus précisément sur le passé de nos parents en rappelant que, bien souvent, nous ne le connaissons pas. Sylvie Deshors réussit là à rapprocher une mère de sa fille, perdue par l’absence d’un père.
Notre consœur Annabelle Hautecontre s’étant déjà penchée sur Rouge Métro et Anges de Berlin (lire son article par ici) noun nous attarderons ici sur le roman de Florence Aubry.
Emily and Greg. For Ever. Telle est l’inscription à l’intérieur de la bague en or d’un aviateur retrouvé mort dans la Somme et dont la main, coupée, a été rapportée par Suzanne au curé du village, en 1945. La bague enfouie dans sa poche a été oubliée. De nos jours, Gabrielle fait un voyage linguistique en Espagne. En 1998, Michel voyait son troupeau de vaches devenir fou avant d’être abattu. Suzanne, en 1950, meurt en couches. Gabrielle au retour d’Espagne récupère sur une aire d’autoroute la carte sim d’un téléphone portable écrasé. Cette bague passe de main en poche et porte avec elle le malheur jusqu’à une hutte où Gabrielle, enfermée à clé, s’éveille, la main ensanglantée. Gabrielle reprend peu à peu conscience, et se rappelle alors comment a commencé son enquête pour découvrir à qui appartenait cette bague.
Mêlant fantastique et noir, La Main de l’aviateur retrace les destinées dramatiques de quatre familles à quatre moments différents. Unis par une bague qui meurtrit ceux dont elle prend possession, les destins finissent par se croiser, se côtoyer pour finalement s’écarter. Mais à quel prix ? Le roman nous plonge dans les pensées d’une jeune fille solitaire, qui souffre des silences de sa mère, de l’absence de son père et à qui une série d’enquêtes va enfin redonner goût à la vie.
julien vedrenne
Florence Aubry, La Main de l’aviateur, Éditions du Rouergue coll. « doAdo noir », février 2007, 128 p. – 7,50 €.