Jean-Luc Manz, (…) (…) (…) – Sérigraphies

Jean-Luc Manz, (…) (…) (…) – Sérigraphies

Murs murant

Il est des maçons francs qui n’utilisent pas leur alter ego comme une manœuvre. Jean-Luc Manz est de ceux-là. Et Fabienne Radi n’a rien d’une arpète. A deux, ils prouvent que l’art naît dans une fièvre de cheval. Plutôt que de se situer face à un mur, il est déjà dedans. Les briques font de beaux draps. Et les textes du gros œuvre par effet de pan. La manutention est habile. Mais le mur créé n’a plus rien d’un garde-fou. Par la multiplicité à l’identique des briques, tout est rempart et fortification. Toutefois, ce que Manz clôt, Fabienne Radi l’ouvre de ses murmures.

Ils n’ont rien de taciturnes. A l’artifice répond l’astuce selon une tactique qui joue de l’expédient et du subterfuge pour une combinaison de possibles. Surgissent, entre biais et jointures, des trémulations d’images et de mots. Ainsi construit, l’ensemble ne craint pas les tremblements de terre : juste celui du sens. Entre le loustic constructeur et la farcesque metteuse en abyme des dogmes révélés, la conversion est permanente. Ce qui permet à cette étrange conversation de se poursuivre sous édifice étrange. Il ne s’agit pas de s’y taper la tête contre le mur : elle est dedans.

jean-paul gavard-perret

Jean-Luc Manz, « (…) (…) (…) – Sérigraphies », texte de Fabienne Radi, HEAD, Genève, 2016.

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