Jean-Louis Bergère, Masque et figure
Poète plus qu’estimable, Jean-Louis Bergère lutte contre les immatriculées conceptions. Son esthétique se veut radicale sans pour autant tomber dans la littérature trash.
Il tente de briser tabous et ses ostracismes entre la provocation et une certaine ingénuité où jouent, comme le titre l’indique, la figure et le masque. L’apparence en tant que bouclier est transgressée en une poésie en prose qui tente de faire tourner les décors en de souveraines déconstructions.
Serial killer des routines, le poète veut faire remuer la langue dont il gratte les écailles des strass. Il opte pour un cuir de l’existence. Néanmoins, le corps-livre ne réussit pas à aller aussi loin que son auteur l’a probablement rêvé. Bergère est à fleur de peau, son écriture se veut vibrante et trouble Mais le strip-tease des masques ne les déplace pas totalement.
Sous la fête païenne que tente la langue, la force suffisante manque de puissance. Demeure un théâtre de papier où l’auteur tente d’encalminer (comme disent les politiques) les apparences mais ce discours d’une méthode qui se voudrait originale est parfois trop explicite et parfois trop confus.
Se comprend le projet mais son aboutissement demeure en suspens. Entre élégance et « vulgarité » jouée, il manque l’ironie corrosive qui permettrait de ranger le texte au rang des grands poèmes de révolte.
jean-paul gavard-perret
Jean-Louis Bergère, Masque et figure, Editions Potentille, Varennes-Vauzelle, 2015, 32 p. – 8,00 €.
