J. A. Konrath, Whisky Sour

J. A. Konrath, Whisky Sour

Première aventure du lieutenant Jack Daniels, alncée à la poursuite d’un tueur en série comme seuls en ont les Américains.

Avec Whisky Sour, le Masque entame les aventures du lieutenant de police Jack Daniels, qui contrairement aux apparences est une femme. Jack étant le diminutif de Jacqueline. Sont prévus par la suite Rusty Nails et Bloody Mary. Autant de titres hautement évocateurs, et qui laissent rêveur. Alors, pour ceux qui ne le sauraient pas et n’auraient pas été intrigués par ce breuvage déjà mentionné dans Adieu ma jolie, de Raymond Chandler, et qui est au monde noir ce que le Martini avec olives est au Capt. John Francis Xavier « Trapper John » McIntyre du M.A.S.H. de Robert Altman, voici la recette telle qu’elle est présentée p. 23 du Livre des alcools de la Série Noire rédigé par Arlette Lauterbach et Patrick Raynal :

WHISKY SOUR

Pressez le jus d’un demi-citron
Mettez dans un shaker :
4 cl de whisky,
2 cl de jus de citron,
1 cuillerée à café de sucre en poudre,
2 cuillerées à soupe de glace pilée.
Agitez vigoureusement, versez dans un verre à pied et garnissez d’une cerise confite au marasquin.

Cette petite précision donnée, attaquons-nous au livre en lui-même. Jack Daniels a voué sa vie à sa carrière dans la police de Chicago. Cette femme de 40 ans a suivi le chemin tracé par sa mère. Sa vie sentimentale s’en ressent. D’autant plus qu’elle se fait plaquer au pire moment : quand un tueur en série machiavélique s’intéresse plus particulièrement à son prédateur. Le fameux jeu des rôles inversés. « Tu me chasses, je te chasse. » Lui, c’est le Bonhomme en pain d’épice. Il tue et dépèce des femmes qu’il abandonne dans des bennes à ordures avec cette petite friandise. Entre autres. Car il viole aussi ses victimes, de la manière la plus odieuse qui soit : il les pénètre par des blessures qu’il leur inflige à l’aide d’un couteau de chasse. Jack sera, non pas son point d’orgue, mais une de ses pièces maîtresses. Car c’est au Max Trainter Show que se trouvent les raisons d’une folie.

Le lieutenant Daniels doit faire face au sempiternel machisme de ses collègues. Son partenaire et ami, Benedict, souffre d’une boulimie qui manquera de le tuer lorsque notre serial killer s’amusera à concocter des biscuits au chocolat pétris de hameçons et autres lames de rasoir. Ajoutez à ça une dose de FBI avec les Eckle & Jeckle de service, les agents fédéraux Coursey et Dailey qui ne jurent que par leur ordinateur et sa logique imparable. Beaucoup de sang et de balles échangées, d’erreurs commises, au billard, comme dans la vie. Mélangez tout ça dans un shaker, rajoutez un zeste d’humour noir et deux pincées de jeux de mots tous plus foireux les uns que les autres. Versez frappé. Buvez d’un coup. Vous obtenez un Whisky Sour de première, une course-poursuite à la trame classique mais au style attachant, avec, tradition américaine oblige, un personnage charismatique et touchant. Vivement Rusty Nails.

julien védrenne

   
 

J. A. Konrath, Whisky Sour (traduit de l’anglais – États-Unis – par Maryvonne Ssossé), Éditions du Masque, mars 2006, 319 p. – 6,50 €.

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