Ismaël Billy, Amours sibériennes

Ismaël Billy, Amours sibériennes

Le glacé et le brûlant

Ponctué par les superbes encres minimalistes de Caroline François-Rubino, ce livre est traversé de deux amours : celui de la poésie, celui des grands espaces. La Sibérie est prise ici entre un passé mythologique et un présent géographique mais une troisième passion la surplombe.
Elle est peut-être aussi au croisement du rêve et du réel d’autant que le poète – quoique vide de celle qui creuse l’absence – ne s’oublie jamais.

Ismaël Billy garde un côté Grand Russe et baroudeur américain dans un contexte tout autant oriental que francophone. Et ses textes jouent sans cesse dans divers systèmes de répétitions, tendres et lancinantes comme si l’amour ne pouvait s’abandonner au lâcher prise. La Sibérie en devient la prothèse, le substitut dont les encres de Caroline François-Rubino signent des indices autant géographiques que de la féminité.
Mais le poète abuse quelque peu des adjectifs trop qualificatifs. Ils sont parfois inutiles et Billy devrait faire plus confiance à son propre langage. Néanmoins, le poème est animé d’une force incarnée entre les deux éléments qui fondent le texte : le sentiment irrépressible et la hantise des lieux.

jean-paul gavard-perret

Ismaël Billy, Amours sibériennes, Encres de Caroline François-Rubino, Editions du Cygne, Paris, 2018, 58 p. – 10,00 €.

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