Isabelle Pinçon, La maison étymologique
La maison de notre être nous habite. Plus que nous l’habitons. Pourtant, « on construit avec un peu tout », on la tisse de diverses façons. Le maçon est de mise (pas forcément toujours le bon car il n’a pas toujours le fil à plomb dans la tête) mais quand elle tombe en ruine, la poésie est là pour sauver les meubles.
Et dans une telle demeure, pas besoin d’ascenseur ni même d’escalier pour s’envoyer en l’air.
Certes, il y a toujours des râleurs qui veulent la ravauder. Voire la renverser et la vie avec. Mais, en elle et dans ses proximités, il s’en passe de belle et si nécessaire un enfant d’y écraser « des gendarmes au bout d’une branche d’églantier ».
Toutes les maisons ont donc leur genre et leurs mystères. Isabelle Pinçon fait un beau tour de la question. Dans de tels murs, toutes les actions sont possibles : s’ennuyer, ruminer, rêver, boire jusqu’à plus soif, caresser l’espoir (et pas que).
Mais pour qu’elle existe, il s’agit toujours de retrousser ses manches. Y faire la poussière est secondaire et il y a mieux à prétendre.
Du grenier à la cave, il faut la dompter car il y a des poupées de porcelaine au regard ambigu et parfois même une vieille sorcière.
Toutefois, la poétesse a tout prévu : son repère est doté de d’un établi pour découper la chair fraîche ou boucanée.
Pas question donc de déranger la propriétaire.
jean-paul gavard-perret
Isabelle Pinçon, La maison étymologique, Gros Texte, Châteauroux-les-Alpes, 2022, 72 p. – 6,00 €.
