Isabelle Lévesque, Voltige !

Isabelle Lévesque, Voltige !

Une écriture passive

Dans un lyrisme incessant (dès le titre), Isabelle Lévesque mêle l’amour et l’imaginaire avec divers éléments classiques inhérents à l’avènement du monde. Tout s’ouvre avec l’aurore, la nature et le couple. Le poème peut se lire comme un aveu touchant en un dialogue avec l’autre qu’il s’agit de séduire par le chant d’appel. Et ce, au moment où l’amoureux est absent : « ici / nous unissait » et où il s’agit de le réanimer à travers – et entre autres – deux fleurs : le bleuet et le coquelicot qui veulent renaître et éclore par les mots de l’aimée sur les lèvres de celui qui est l’objet de ses attentions.
La poétesse ramène à un discours attendu, normatif là où la fragilité de l’amour est présente sous l’arsenal des saisons selon une image des plus traditionnelles : des fruits verts du printemps aux neiges de l’hiver afin de signifier la séparation et les possibles retrouvailles. Tout reste de l’ordre d’une vision éculée. Le passé y est celui du temps rêvé et le présent l’aubaine de « miracles espérées ». Le romantisme règne mais n’est guère convainquant.

Le chant demeure  figé en une poésie archétypale dont la grâce – si grâce il y a – est compassée. Nulles articulations inédites. La volupté manque de vigueur. Telle l’Ovide des Métamorphoses, la femme s’adresse à son amant, mais le lyrisme n’est pas celui du poète antique. La flamme qui brûle volette mollement dans une emphase et une séduction trop ritualisées pour être probantes.
La poésie perd son énergie et tombe en une forme de passivité même si l’auteure tente de la faire danser au sein des descriptions. Elles sont trop prévisibles pour renouveler la langage d’amour.

jean-paul gavard-perret

Isabelle Lévesque,  Voltige !, L’herbe qui tremble, 2017, 96 p. – 14,00 €.

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