Guillaume Decourt, Lundi propre

Guillaume Decourt, Lundi propre

Grésillements des espaces

La poésie de Guillaume Decourt est faite moins pour clarifier que vivifier davantage le monde. Reste en effet toujours une part d’obscur.
Mais l’auteur, au lieu de se prendre la tête à vouloir en venir à bout, dans ses multiples traversées, préfère faire avec et nous enchanter de ses périples plus ou moins énigmatiques. Et ce, à travers toutes les choses qu’il a connues même quand le temps est passé.

Fasciné autant par un maki que par une homme, par une roussette que par une femme, il ouvre ainsi bien des champs magnétiques pas forcément polarisés. Se superpose ainsi la courbe de l’invisible et celle d’évidence dans le jeux de couleurs foraines de diverses choses vues en Australie ou ailleurs.
Et  même un plombier parisien remplaçant un chauffe-eau peut devenir un héros d’un de cette suite de poèmes en rien austères.

Celui qui s’affirme sans idée et préfère le dire au faire nous fait néanmoins partager ses contemplations un poil hugoliennes mais en évitant pathos et lyrisme.
Tout ici reste à fleur de réel, ce qui n’empêche en rien certaines envolées même si des sourires obscènes de chalands étrangers n’ont rien d’engageant. Mais à chaque jour suffit sa peine.

jean-paul gavard-perret

Guillaume Decourt, Lundi propre, La Table Ronde, 2023, 88 p. – 14,00 €.

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