Golem (Marie-José Sanselme / Amos Gitaï)
De belles images sans écho
© Simon Gosselin
Un chant d’Orient lent, lancinant, envoûtant accompagne la harpe en débutant le spectacle tandis que le public finit de s’installer. On sent que les sons invoquent les liens du sang. Sans se trouver sur un territoire identifié, on peut conter une histoire qui est presque impersonnelle. Face au malheur on peut conjurer la douleur en modelant une créature surnaturelle douée de pouvoirs salvateurs.
Le mythe est présenté sous la forme d’épisodes saillants, permettant d’en évoquer la puissance et la généralité. On rencontre diverses formes de persécution qui traversent l’histoire, perpétuant les douleurs. Des incantations prophétiques et des invocations propitiatoires développent des propos tragiques et joyeux.
Cette belle représentation est déséquilibrée, car les tableaux magnifiques, changeants, qui utilisent avec brio et efficacité les ressources vidéo, ne sont sans doute pas portés par un texte suffisamment puissant. La scénographie très séduisante, bien mise en valeur par les musiciens, les différentes figures qui font apparaître des situations changeantes et dramatiques, comme cet incendie des corps évoquant l’holocauste, ne sont que soulignés par le discours.
Le propos constitue aussi une lutte contre l’envahissement de nos technologies. Les personnages sont invités à prendre la parole pour eux-mêmes, au risque de la facilité. A terme, un éloge de la mixité, une démarche initiatique dont les messages résonnent comme déjà entendus.
christophe giolito
Golem
texte Amos Gitaï et Marie-José Sanselme
mise en scène Amos Gitaï
Avec Bahira Ablassi, Irène Jacob, Micha Lescot, Laurent Naouri, Menashe Noy, Minas Qarawany, Anne-Laure Ségla, les musiciens Alexey Kochetkov au violon et synthés, Kioomars Musayyebi au santour, Florian Pichlbauer au piano et les chanteuses Dima Bawab, Amandine Bontemps, Zoé Fouray, Sophie Leleu, voix et harpe, Marie Picaut en alternance.