François Walthéry, Natacha – T.24 : Chanson d’avril

François Walthéry, Natacha – T.24 : Chanson d’avril

Avec cet album, François Walthéry (79 ans), clôt ses adaptations d’une série de Sirius (Max Mayeu). L’Épervier bleu. Il reprend l’intrigue de Pirates de la stratosphère, un récit d’aventure et de science-fiction imaginé en 1949.
Dans la série originale, L’Épervier bleu est le surnom d’Éric, un baroudeur qui partage des aventures exotiques à travers le monde avec Larsen, un colosse irlandais rouquin et Sheba, un jeune indien. Ce dernier était le boy de Christiane, l’héroïne du premier album. Mais, elle disparaît de la série.
François Walthéry adapte ces récits dès 2014 avec L’Épervier bleu, puis en 2018 Sur les traces de l’Épervier bleu (Natacha n° 22 et 23). Il fait reprendre le rôle d’Éric par Natacha, celui de Larsen par Walter et Sheba est appelé Chacha. L’Épervier bleu devient un voilier. Les aventures sont vécues par les grands-parents de Natacha et Walter et portent leurs noms.

Pendant un vol au-dessus de l’Atlantique, alors que le personnel navigant termine le service du soir, Natacha décide de raconter ce que leurs grands-parents ont vécu lors de leur retour vers l’Europe après avoir quitté la Nouvelle-Calédonie sur leur Épervier bleu.

C’est la nuit et Walter s’aperçoit que Sirius, l’étoile la plus brillante après le soleil, n’est plus visible. Soudain, un point lumineux trace une parabole sur le ciel. Natacha, quant à elle, a repéré que les feux d’un vapeur, à quelque distance, n’ont pas bougé depuis une heure. Ils abordent ce paquebot de luxe et ce qu’ils découvrent les entraîne dans une suite d’aventures mouvementées où l’héroïne va devoir déployer tout son talent pour les sortir de nombreux guêpiers…

Avec cet album, l’auteur fête les cinquante-cinq ans de sa série phare. S’il emprunte au prestigieux créateur que fut Sirius (1911 – 1997), il gratifie toujours son héroïne de la même détermination, de la même ténacité, faisant évoluer son univers en fonction du temps qui passe. Le décalage entre la Natacha actuelle et les aventures de sa grand-mère dont elle a découvert le journal intime, permet de jouer sur deux époques emblématiques du 9e Art, ajoutant du piment à l’ensemble.
Il faut se souvenir que Sirius avait subi les foudres de la censure instituée pour la littérature jeunesse quand il a envoyé ses héros sur la Lune. Elle reprochait alors au titre son caractère peu éducatif et trop fantaisiste en… 1954. En 1969, l’homme…

L’humour est très présent et les références nombreuses à l’univers de la BD franco-belge, qu’elles soient relatives aux auteurs ou aux héros. Walthéry s’autorise, également, une jolie moquerie sur les dessinateurs. Le titre de l’album reprend un élément de la série originale.
Le graphisme est toujours aussi tonique, les traits sont souples, les décors réalistes et les couleurs d’Usagi sont attrayantes.

Une bande dessinée, dans l’esprit de l’école franco-belge, avec tous les ingrédients pour un album réussi.

François Walthéry (scénario sur des textes de Sirius, dessin), Usagi (couleurs), Natacha – T.24 : Chanson d’avril, Dupuis, coll. Tous Publics, mars 2025, 56 p. – 12,95 €.

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