Gilles Verdet, Une arrière-saison en enfer
Vingt ans après une aventure qui a mal tourné, de vieux anars se lancent dans une vengeance effrenée.
Deux hommes se retrouvent par hasard sur un quai de gare – deux anars vieillissants qui ont été activistes dans les années 60-70 et qui se sont perdus de vue après une descente dans un appartement bourgeois, au milieu d’une partouze, qui a mal tourné. A priori rien de très original dans ces retrouvailles….
… Qui donnent vite lieu à une succession de filatures : Gérard, l’un des deux anars, l’homme à la valise, est suivi par deux caïds, eux-mêmes suivis par deux flics. Les morts tombent, la haine s’accumule et l’idée de la vengeance fait son petit bonhomme de chemin.
Nos deux hommes partent à la recherche de leurs amis d’antan et de leur passé. Les armes ressurgissent dans leurs pognes et ils s’apprêtent à défourailler en tous sens au nom d’un code ancien, propre aux gens d’action.
Le roman, bien rythmé, repose sur une bonne intrigue nourrie de nombreux rebondissements. Pourtant, malgré tous ces atouts, il ne convainc pas et paraît un peu dépassé – il eût sans nul doute été qualifié d’excellent dans les années 70-80, et reflète bien les difficultés qu’à la Série Noire à s’affranchir d’un trop-plein de nostalgie. Ce roman véhicule des idées que l’on ne peut plus comprendre : ses héros semblent appartenir à une époque révolue – comme si, aujourd’hui, le héros politique empli de conviction n’existait plus.
L’écriture de Gilles Verdet (dont c’est ici le premier roman) ne manque pas de style et se fend même d’une certaine poésie – perceptible dans le titre, hommage à Rimbaud. Elle ravira à coup sûr un certain lectorat, mais ne fera pas l’unanimité.
Ce roman a, néanmoins, été sélectionné pour le Prix SNCF du Premier roman.
julien védrenne
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Gilles Verdet, Une arrière-saison en enfer, Gallimard « série noire », 2004, 252 p. – 9,00 €. |
