Georges Cathalo, On aura

Georges Cathalo, On aura

Principe des réitérations

L’itération On aura crée une griserie. Certes, la formule est là pour faire le point sur l’existence. Mais par lui-même le système de reprises sembler mystérieux. Il n’engrange pas ici moins littéralité : certes des faits sont patents mais eux-mêmes deviennent des conditions de considérations et des méditations qui entraînent non seulement dans des présences métaphoriques mais des transformations là où, même avec le temps, le livre  permet de reposer, entre autres, « de fragiles échéances » et « les contrats avec le destins».

Les deux mots du titre deviennent des invitations mais aussi parfois des rappels de détresse ou de joie, des exercices de lenteur et de vitesse dans les jeux plus ou moins du hasard au sein d’une existence. A la fois mince mais pourtant complet, ce livre passe du sombre au translucide. En rien doux rêveur mais travailleur imperturbable, Georgres Cathalo prouve que ses quatrains et tercets sont la résultante des unes aux autres selon une dialectique poétique. On sort enfin du platonisme : le sens prend un aspect différent là où s’ajoure de plus en plus le poids sur le plateau de l’existence.

Ces poèmes sont incisifs tout en demeurant diaphanes, réels tout en devenant images et des épistémologies du monde. Georges  Cathalo comme souvent reste ici l’inspirateur et le créateur de la vie secrète et du réel qui devient une literie qui découvre –  même si l’auteur ne reste pas couché passivement. Son livre oscille en un double mouvement de diffusion et d’absorption. L’écart entre ces deux termes n’est pas si éloigné que cela. L’objectif reste toujours le même : s’éloigner des vulgates esthétiques ou idéologiques en choisissant des «prises » attendues.

De tels poèmes permettent des études aussi physiques que métaphysiques et des interactions entre la matière et l’esprit, dehors et dedans. Ils produisent de la couleur et créent divers types de volumes en un arrêt du temps comme en sa mise en mouvement. C’est aussi une manière pour l’auteur de demander quels sont ses êtres qui se souviennent de leur oubli. Et ce, à travers une tension et un apaisement grandissants là où la poésie n’est pas narrative : elle invente des « récits » – et pas forcément des histoires.

jean-paul gavard-perret

Georges Cathalo, On aura, Editions Encres Vives, Frontignan, n° 545, 2015, 12 p. – 6,60 €.

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