Francis-Olivier Brunet et la question du paysage : entretien avec l’artiste (Accordées aux Montagnes)
F.-O. Brunet rappelle que « la peinture est avant tout rétinienne et on a tendance à l’oublier trop souvent ! ». C’est pourquoi le peintre insiste sur une vision « de » regard qui, d’œuvres en œuvres et dans leur développement, relie proche et lointain, réel et imaginaire. Surgit une pure visualité. Là où la question devient : qu’est-ce qui se montre du monde lorsqu’un artiste s’en empare ? Se crée un rapport de dilatation : il transforme l’espace réel en espace « virtuel » pour aller vers un lieu dont la froideur formelle côtoie systématiquement une incursion viscérale dans l’intime du réel.
Francis-Olivier Brunet,
– Accordées aux Montagnes , Oeuvres récentes, Galerie Ligne Treize, Carouge-Genèven du 14 janvierau 10 fevrier 2017.
– Prochaine exposition sur le thème du paysage : galerie Egregore à Marmande du 5 février au 2 avril 2017.
Entretien :
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Réaliser que tout peut arriver dans la vie.
Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Des pensées-poussière.
A quoi avez-vous renoncé ?
Devenir un as de l’informatique.
D’où venez-vous ? De Savoie Haute.
Qu’avez-vous reçu en dot ? Suffisamment d’amour pour avoir le sentiment d’exister.
Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Les plaisirs de la bouche.
Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Mon mètre quatre-vingt-dix et demi.
Comment définiriez-vous votre approche du paysage ?
Je suis un peintre dessinateur qui peint des sujets : personnages, nus, animaux… Ces sujets sont «finis» en ce sens que leur dimension est facilement mesurable. A l’inverse, un paysage n’a ni début ni fin et le rapport fond/forme n’existe pas. C’est un peu comme si je devais lire un livre en commençant par le milieu…
Quelle est la première image qui vous interpella ?
« La Mort de Sardanapale » d’Eugène Delacroix.
Et votre première lecture ? « Vipère au poing » d’Hervé Bazin.
Quelles musiques écoutez-vous ?
Des œuvres pour piano de Chopin, Satie, Rachmaninov, Mozart, Beethoven…
Quel est le livre que vous aimez relire ?
Les poèmes de Jean-Pierre Gandebeuf.
Quel film vous fait pleurer ?
« Le Docteur Jivago » de David Lean.
Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Un homme qui n’est pas encore fatigué.
A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A mon premier amour ! Et puis, je n’ai pas trop confiance en ma plume, elle a tendance à vouloir s’envoler !
Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Machu Picchu au Pérou et L’Assekrem en Algérie.
Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Franta et Vladimir Veličković car je ne les connais pas et les écrivains m’impressionnent.
Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un billet d’avion pour Angkor que je partagerais avec ma chère et tendre.
Que défendez-vous ?
Le droit à la différence.
Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
On a souvent un peu de mal avec la complémentarité.
Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Idem.
Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Avez-vous aimé répondre à ce questionnaire ?
Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 22 janvier 2017.