Etres anges

Etres anges

Souvent le trop-plein domine la langue : se taire devient une solution. Seules les paupières inscrivent les étincelles fugaces des mots sous-entendus. Dans ce gouffre, un torrent de fantasmes chavire. Le remous submerge sans résistance. L’exigence de l’Un impose celle de l’Autre. Ils créent le recouvrement de deux espaces tendus et ouverts dont leur suite constitue la fin de la faim. L’amour fait donc un signe : ainsi soit-il.

Preuve que la jouissance de l’un ne symbolise pas seulement la faille de l’autre et sa demande. S’atteignent les limites de la limite par ce qui peut s’user voire s’abuser afin de répartir le désir qui tue. Il fascine dans sa béance et sa propre cause. Les spasmes lancent leur infini et mettent en jeu la plus grande houille blanche. Elle arrache à l’étreinte tout ce qui se pense et nous sommes finalement maîtresse et maître des eaux.

jean-paul gavard-perret

Photo Richard Avedon

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