Entretien avec Laurence Courto (peinture)
Pour Laurence Courto, plus qu’une surface à recouvrir, le support devient une peau à gratter. Il s’agit de faire suinter de ses « rougeurs » et ses « bleus » une pathologie de l’être, du monde et de l’image elle-même. L’artiste renverse le principe même de la peinture. C’est une affaire très complexe, expérimentale et nécessairement évolutive qui joue sur le contraste entre les lacérations (traits et courbes) et les plages de couleurs afin qu’émane une mouvance et un rayonnement. Tout est articulé de manière rythmique. Un jaune dense n’existe que par ce qui le zèbre. L’image se crée dans l’action réciproque entre les pans de couleurs et les lignes. Laurence Courto rappelle l’âge d’or de l’art en sa peinture rupestre. L’artiste ne donne à voir que des commencements, des naissances. A celui qui regarde de faire le “ reste ”.
On peut retrouver actuellement l’artiste à la Muma Galata, Musée de la Mer, Gênes (Italie) du 10 au 31 janvier 2013.
Explosion – 100×100 cm
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Le besoin de lumière
Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
L’indépendance, la liberté, je les ai gagnées.
A quoi avez-vous renoncé ?
A connaître la vérité de mon enfance, je ne peux pas savoir, jamais.
D’où venez-vous ?
Ah! si je le savais!
Pourquoi avez vous quitté l’architecture pour la peinture ?
C’est mon premier rêve et, le dernier que j’ai réalisé.
Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Je n’ai pas la prétention de me distinguer …peut-être, quand je me présente comme peintre et qu’on me dit peintre en bâtiment.
Où travaillez vous et comment ?
Je déambule dans la ville, une marche solitaire qui m’aide à laisser venir le moment où je libérerai dans mon atelier l’énergie accumulée. Un temps de vagabondage de l’esprit où il est possible de rendre présent ce qui est absent.
Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?
Je travaille en musique, toujours, en fait, je prends le rythme et j’effectue des figures autour de ma toile. J’écoute les derniers groupes qui sortent (métal, rock…), c’est ce qui me relie au monde mais aussi, dans des phases plus calmes, j’écoute du classique, initiée par une grand-mère cantatrice dont je maroufle les partitions.
Quel est le livre que vous aimez relire ?
Je relis peu. J’aime tellement lire, découvrir un auteur qu’à ce moment, je lis tout de lui. Ceci dit, je peux relire quelques « passages » d’Yves Michaud et Virginie Woolf.
Quelles tâches ménagères vous rebutent le plus ?
Seul le repassage me rebute car je suis totalement incompétente.
Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
Twombly, Gerhard Richter, Joan Mitchell et Judith Reigl.
Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Quel anniversaire? celui de mon arrivée au monde, il y a un demi-siècle ou celui où je suis née à moi-même il y a une douzaine d’années ? Pour ce dernier, un sourire serait parfait.
Que défendez-vous ?
L’indépendance et la sincérité.
Présentation et propos recueillis pour le litteraire.com par jean-paul gavarrd-perret en janvier 2013.
