Emmanuelle Jude, Un après-midi à Collioure

Emmanuelle Jude, Un après-midi à Collioure

Flocons colorés d’absence ou de présence

Dans un jeu subtil et drôle, Emmanuelle Jude devient la dénicheuse de nos actions plus ou moins sinon manquées du moins passées inaperçues.
Là une robe boudine un peu, ici un maillot de bain rend un jeune mâle plus sûr de lui comme si l’habit faisait le moine qui traverse l’espace d’un pas assuré.

Par un tel protocole de création, le réel est là mais il bée chez des personnages en mal d’identité.
D’où ce voyage à travers divers filles et garçons.

Emmanuelle Jude y fait montre de toute sa verve. Elle agit moins sur décors que sur les mises en scène qui répondent à diverses règles de se montrer sans forcément s’exposer, quitte parfois à être pris à défaut.
D’où ces histoires courtes, ces instantanés où chacun vit sa vie de manière plus ou moins consciente. Qu’importe s’il sont considérés pour n’importe qui, pour n’importe quoi.

Mais de tels flocons colorés d’absence ou de présence soulignent ce qu’est l’existence et le vide que cela suppose parfois. Cela est drôle, allègre mais avec sérieux.
Emmanuelle Jude se refuse en effet à tout jeu de massacre.

Certaines filles et certains gars se prennent pour des stars même lorsque leurs petites joues couperosées les sortent à peine de l’état de l’enfance au sein d’un anthropocène qui évite les drames des frères Dardenne comme et à l’inverse les faux soleils des spotlights.

Ici, l’action est souvent la soeur du rêve et qu’importe si celui-ci peut sembler frelaté. Emmanuel Jude ne juge pas : elle a mieux à faire.
Mettre du postiche dans le postiche pour révéler une sorte de vérité dont le sel de la mer reste la poésie et la beauté.

Dans le genre, c’est parfait. Cela a un nom : c’est l’existence.

lire notre entretien avec l’artiste

jean-paul gavard-perret

Emmanuelle Jude, Un après-midi à Collioure, Texte de Audrey Quintane, Editions Richard Meier, Elne, 2016, 36 p.

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