Don Herron, Tub Shots (exposition)

Don Herron, Tub Shots (exposition)

Que d’eau

Pour Don Herron les songes réveillés sont toujours vrais. Il suffit de leur donner l’occasion de s’exprimer. Chez le photographe, ils se voient dans les baignoires (et leurs bas-fonds) des personnalités artistiques underground qu’il a photographiées à Los Angeles puis New-York et 1977 à 1992.
Certains semblent prendre racine en se propageant comme des algues. Il faut les regarder avec toute la lumière et l’obscurité que chaque prise possède. D’autres s’exhibent ou se cachent. Mis à nu, il est donc plus facile à l’artiste de fouiller les recoins et la noirceur qui ne résistent pas. Surgit une étrange dérive inscrite sous le sceau d’une forme de noyade.

Le corps y est complètement engagé afin que surgissent des motions sur une surface qui fait des vagues. L’artiste tient sans fléchir dans ce face à face. Il est lui-même tel un poisson devant ceux qui brillent sous la vague qui délie les membres et les âmes. Le monde n’est plus enveloppé dans des draps qui endorment.
Reste cet aboutissement fait d’un naturel ou d’une gêne que les modèle affichent sans fards ou avec pudeur face au regardeur. Il y a truands et voyous, artistes de génie (Keith Haring, Peter Hujar, Robert Mapplethorpe, Cookie Mueller, Ethyl Eichelberger, Annie Sprinkle, Holly Woodlawn) ou faiseurs. Dans chaque photo, tout dépend de comment le corps et l’esprit suivent leur route. L’artiste enchaîne, reprend. Et si certains sont des pros de la nuit et d’autres de la lumière, nus comme des vers, la différence est peu visible.

jean-paul gavard-perret

Don Herron,  Tub Shots, Daniel Cooney, New-York, du 13 septembre au 3 novembre 2018.

Laisser un commentaire