Djilali Bencheikh, Beyrouth Canicule
Une fiction qui est aussi un livre d’histoire
Quand les Palestiniens furent chassés de Jordanie dans les années 1970, les fedayins se réfugièrent à Beyrouth. Israël et l’OLP se livraient une guerre totale. La lutte révolutionnaire et anti-impérialiste n’avait pas de frontières : soldats de la liberté pour les uns, terroristes pour les autres, ils venaient de tous les pays. Carlos fut enrôlé pour planifier la prise d’otages du siège de l’OPEP à Vienne, puis ce fut Munich et la création de Septembre Noir. Les algériens aussi étaient rentrés dans l’opposition armée depuis que les généraux avaient renversé le père de l’Indépendance.
Si bien qu’un jeune étudiant, du nom de Kamel, se retrouve plongé dans la grande Histoire un peu malgré lui. Acceptant de faire le porteur de valise pour Beyrouth, il se fait intercepter à la douane avec des passeports dans le double-fond. Débute alors une série d’événements qui vont le conduire à pénétrer la vie des Palestiniens qui le cachent le temps que l’affaire se tasse.
D’un simple aller-retour au pays du cèdre, Kamel va devoir accepter d’attendre…
Algérien de naissance et économiste de formation, Djilalli Bencheikh vit actuellement à Paris, où il dirige la section française de Radio Orient. Ayant brièvement connu Mohamed Boudia au début des années 1970, il s’est inspiré de certains faits portés à sa connaissance pour tisser cette histoire extraordinaire qui ne peut qu’être le reflet de vérités encore plus incroyables tant la vie clandestine a de ressources…
Boudia, homme de théâtre proche de Jean Vilar mais surtout animateur d’un réseau logistique d’aide à l’OLP, fut assassiné à Paris le 28 juin 1973 (par le Mossad ?).
Un roman brûlant de réalisme qui fera découvrir un monde que d’aucuns ignorent trop souvent. Une fiction qui est aussi un livre d’histoire, un témoignage sur l’engagement des hommes de bonne volonté. Ceux qui croient encore à la justice. Candides orientaux perdus dans un monde qui les nie.
la redaction
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Djilali Bencheikh, Beyrouth Canicule, coll. « littérature », elyzad, octobre 2010, 288 p. – 15,90 € |
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