Didier Convard et Eric Adam (scénaristes), Paul (dessinateur), Petite mort en un acte

Didier Convard et Eric Adam (scénaristes), Paul (dessinateur), Petite mort en un acte

Un bon vaudeville à l’humour british

 Ce 2 septembre est paru chez Glénat la bande dessinée Petite mort en un acte signée Didier Convard et Eric Adam pour le scénario accompagnés de Paul au dessin. A l’instar de la quatrième de couverture, nous pouvons d’ores et déjà prévenir les lecteurs potentiels : si vous aimez l’humour loufoque, un brin décalé …alors vous adorerez Petite mort en un acte.
Le début de l’action associé au titre accrocheur nous laisserait penser à une énigme policière à la Agatha Christie. Et pourtant, si l’aventure se passe bien dans l’entourage d’une noble famille britannique, s’il y a bien un meurtre, point de détective déjouant le coupable, point de jeu de pistes, point de final éclatant. L’album reste une bande dessinée paisible à lire malgré quelques grosses ficelles. On apprécie cependant ses quiproquos théâtraux, ses jeux de mots succulents et ses ellipses scénaristiques – celle qui précède l’assassinat vaut le détour : le contexte est si bien amené dans les dix premières pages que le lecteur prémédite le meurtre à venir.

L’ensemble se rapproche davantage d’un vaudeville à l’humour british que d’un bon polar lugubre. La deuxième partie du titre tend d’ailleurs à le confirmer. Les scénaristes ont ainsi réussi à préserver l’unité de temps, de lieu et de personnages dans ce one shot. Quant à l’histoire, elle se passe dans le manoir de la famille Buckenham. Bienvenue chez eux avec la mère et la fille plutôt excentriques, du moins extraverties, avec le père qui malgré une contrepèterie digne des Dupondt, sait rester lucide et enfin, avec le fils bolchevique qui n’a de Tintin que les culottes de golf. L’action se passe en 1937 avec en arrière-fond, le bruit des bottes allemandes et la menace d’une guerre nucléaire.
Les dessins de Paul sont vifs, clairs. Le trait épais reste sobre et élégant. Les nombreux portraits peints ornant les pièces du manoir viennent ajouter une atmosphère propice à l’espionnage. Et de fait, à l’assassinat familial se surexpose une énigme policière d’envergure internationale.
Au final, le lecteur pourrait croire que tout est bien qui finit bien… quoique les vrais meurtriers courent toujours et s’en sortent plutôt bien. Deuxième acte ?

Nicolas Goethals

   
 

Didier Convard et Eric Adam (scénaristes), Paul (dessinateur), Petite mort en un acte, collection Grafica, Glénat BD, septembre 2009, 56 p.- 13,00 euros.

 
   

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