Des ratés

Des ratés

(Qu’est un mauvais poète ?)

Certains prétentieux œuvrent en espérant effrayer les autres. Dans ce but, ils sont ravis d’employer des mots de désastre pour aiguiser la souffrance des lecteurs. Pour les atteindre, ils assurent que tout sort d’eux, prétextant de se lancer dans l’inconnu pour trouver du nouveau (selon la formule de Baudelaire) et au besoin employer parfois l’humour pour avaler ce qu’ils vomissent.

Leur placidité obscène prend pour farceurs ceux qui les lisent mais dont ils espèrent leur suicide dans la société. N’est pas Artaud qui veut chez de tels dictateurs d’un nirvana littéraire. Mais, nés à l’envers, sortant les pieds devant d’une mère ils écrivent comme eux. S’estimant meurtriers potentiels, leur bombe n’est même pas à retardement, tout juste artificielle. Leur feu de Bengale n’illumine qu’eux-mêmes ou n’est que pétard mouillé, classique ou moderne.

jean-paul gavard-perret

Photo : Mathilde Coq

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