Dés couverts

Dés couverts

Dans ma chambre 76, je calque mon quotidien sur un magazine de mode trouvé en une salle d’attente et par lequel je recycle ma beauté. Souvent j’oublie de sortir ma poubelle, rate un rendez-vous (plus ou moins affecté), dors sous mon tampon absorbant et dans la foulée de ma pensée, miction du virtuel et de l’imaginaire.
Parfois, nous sommes 76 dans ma chambre. J’embrasse quelqu’un qui ne m’est lié en rien mais me retourne d’un sens à l’autre en chevauchant l’idoine en un transport vaguement amoureux. Ma vie ordinaire fait effraction mais aussitôt contrainte.

Récemment, je me suis foulé la cheville et ce n’était pas bien pensé dans la rue d’avoir mis des pavés partout. Avant, c’était pour des talons de cheval mais pas pour mes stilettos à strass. Bon gré mal gré, ma vie évolue dans la parataxe, le désordre et la succession de mes phrases et leur arbitraire. Elles créent une sorte d’assujettissement et une chaîne de servitude. Cela pourrait être pesant, voire accablant. Mais pour moi la crudité me travaille.
Toutefois, nul ne peu t dire que ce que j’écris est glauque. De fait, mes mots s’en décollent sans cesse et en divers types de tentation. Je dis de fait beaucoup sur la littérature, la vie, voire au-delà. Pour preuve, je conçois mes laïus comme des vérités pratiques parfois avec un rédacteur ou une rédactrice pour le ou la corseter et l’aérer aussi bien que possible.

Photo : Florence Henry

Laisser un commentaire