Christian Laborde, La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté
Monter / Descendre
Souvent métaphysique, la poésie a de sérieux coups de pompe dans la réalité voire dans le Tour de France et son histoire. Pour le préfacier Eric Fottorino, il la monte en épopée : « Col de Menté, col de Dante, cercles de l’Enfer » où pour un champion celui-là n’est plus les autres mais la météo source de douleur.
Luis Ocana en ce col espéra l’apothéose là où le soleil était partout et l’ombre nulle part. Il roulait vers la gloire avant que la montagne se transforme en glaciaire et orage. Ce fut sa chue au moment où il détrônait le roi Eddy Mercx. Au moment de sa chute, il fut évacué en hélicoptère.
Christian Laborde et sa passion du vélo reste le conteur de courses épiques, surtout celle des grimpeurs de l’héroïsme. Sa langue mixe l’hybridation de la victoire et de la chute dans un livre court mais admirable. Il cherche la force des conquérants et leur enjeu de l’ambition et de la douleur. Et si, pour les grands poètes, le Tour est un mode mineur, l’auteur crée un chant : syllabes, voyelles, mots envolés s’insèrent et s’inscrivent dans la topologie du Tour.
jean-paul gavard-perret
Christian Laborde, La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté, Préface d’Éric Fottorino, Gallimard, coll. Blanche, 2026, 56 p. – 10,00 €.