Chausse-trappes pour très passés (Littérature et cinéma)

Chausse-trappes pour très passés (Littérature et cinéma)

Le cinéma nourrit l’écriture. L’inverse est vrai aussi . La seconde fait son cinéma et elle entre, non devant, ni en face, en miroir ou en reflet, ni en l’autre, mais en soi, sur la ligne de séparation, entre l’avant, l’après, entre l’avant, l’arrière, comme un pendant à ce qui accède, précède.

C’est le jeu du passage par le labyrinthe scriptural. Il laisse filtrer le perfide, voire l’érotisme en allusions délicieuses. Chaque texte s’en amuse au besoin et y devient trompeur, prometteur entre transparence et obscur. Après tout, Janus est une femme enfourchée entre voyance et insolence, pour remettre ou déplacer un peu d’ordre au désordre.

Dans cette immersion, le temps lui-même se détache de ses pieux sans qu’il nous importune. Il y a là quelques éclaboussures non obligatoires pour respecter ou suivre le verdict. Sous l’effet d’une immense boucle, le cinéma fait des swings et la littérature des signes. Les deux selon des structures à la Escher. Le monde entre plafond et plancher, liberté ou prison, est dehors ou dedans, dessus-dessous en un charivari potentiel où ce qui charrie varie, en double vie.

Au cinéma, la vue et le sens de ou des histoires deviennent cosmiques, collectifs voire cataclysmiques mais en littérature et dans son fonctionnement, des personnages ne se laissent plus jamais faire défaire ni refaire, imaginant au besoin qu’ils ont vécu. L’écriture filmique ou scripturale propose donc dans une synthèse habile, non l’annonce d’une époque sereine, mais le chaos et l’inconnu voire leur après à reconstruire. C’est astucieusement proposer une solution qui se mord la queue. Mais elle reste éloquente.

Rien n’y manque entre K.O. et O. K. A chacun de récupérer ses mises avec une élasticité de la pensée qui s’affranchit de toute contraintes. Nous pouvons espérer mieux mais quoique. Les habiles traitresses et les farceurs ne connaissent pas forcément le fin mot de leur histoire. Que chacun reste sur ses gardes. Epars-pillé tout se joue en Up, Down ou In Fine, quitte à caresser des fragments définitifs de la fin de partie. Si bien que des survivants réapprennent à vivre. Mais une fois qu’ils meurent, c’est bien fait pour eux.

Photo de Paul Winston

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