Cécile Avouac, Double absurde, et autres nouvelles

Cécile Avouac, Double absurde, et autres nouvelles

Quand les personnages s’affranchissent de leurs auteurs

Quand le classicisme rencontre le modernisme, les étincelles fusent. Voici dix nouvelles qui décoiffent comme autant de manière de rire d’un contre-pied bien senti. Cécile Avouac a fait le pari de narguer l’impossible et nous livre dix nouvelles explosives qui démontrent que la littérature n’a pas de limite et encore moins de frontières. Encadrées en deux parties, les rencontres romanesques et les duels entre les auteurs et leurs personnages, cette sarabande poétique grince, crisse, jubile, pouffe, mord, cisaille et j’en passe notre lecteur saisi de tant de trouvailles en si peu de mots… Oui, les hasards ne sont pas des coïncidences et l’absurde n’a de raison d’être que pour des esprits trop cartésiens ; or, la littérature est fille de joie, donc libre de toute attache, même si les références sont légions. Jacques le Fataliste croisera donc Tristam Shandy quand Tartartin de Tarascon se liera d’amitié pour Sancho Panza. Que Narbey d’Aurevilly assistera à un souper en compagnie de dix héroïnes romanesques, et pas des moindres, dont la fameuse Vellini ! Voire Lafcadio organisant l’évasion de Meursault, échappant ainsi à tout contrôle mais jouant aussi avec le feu, certaines chutes sont mortelles…
Mais comme le disait si bien Pierre Béarn, le maître incontesté de la nouvelle française, si la fin ne se ressent pas comme un coup de poing à l’estomac, c’est que la chute est ratée. Ainsi donc on conseillera un gilet en kevlar à tout lecteur qui aura la douce folie d’oser s’engager dans la lecture de ce pétillant recueil. Accrochez-vous !

la redaction

   
 

Cécile Avouac, Double absurde, et autres nouvelles, L’Harmattan, décembre 2011, 240 p. – 22,00 €

 
     

 

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