Catherine Balet, Albédo (exposition)
Transfigures
Le terme Albédo désigne le rapport entre la lumière reçue par une surface et celle qu’elle réfléchit. Mais ici cette notion scientifique devient une métaphore poétique, traduisant le dialogue mouvant entre matière, énergie et perception directe avec la lumière. Dans ce but et pour cette série, Catherine Balet recouvre ses photographies d’un verre à la surface texturée, capturant les déformations produites par l’interaction de la lumière et de l’eau dans une relation intime et essentielle à la fois physique et symbolique.
Les mouvements ondulatoires du courant dessinent sur la vitre des formes géométriques imprévisibles. Le verre, loin de n’être qu’un simple support protecteur, agit comme une membrane vivante sublimant l’image par son interaction. Chaque scène – fragment de corps, instant de baignade – se lit à travers ce prisme changeant, où les reflets deviennent un langage plastique, une composante essentielle de l’œuvre. Le verre, inspiré des techniques du vitrail, propose une palette de textures et de nuances qui diffractent la lumière, la font vibrer selon l’angle de vue, déconstruisant l’image photographique pour révéler une nouvelle perception là où les corps semblent se dissoudre et se recomposer.
Mais « Albédo » évoque aussi la lumière renvoyée par les corps immergés, en écho à un lien ancestral et sacré entre l’Homme et l’eau. Et de telles photos dérivent dans une quiétude contemplative et le recueillement intime. Rappelons enfin que la lumière qui danse sur la surface du verre rappelle également les touches vives des peintres impressionnistes, qui, eux aussi, ont cherché à capturer cette même interaction fugace.
Dès lors, Catherine Balet prolonge et réinvente cette tradition picturale, en la transposant dans un médium photographique.
jean-paul gavard-perret
Catherine Balet, Albédo, Galerie Bigaignon, 18, rue du Bourg-Tibourg, 75004 Paris, à partir du 6 septembre 2025.