Caroline Coppey (exposition/peinture)

Caroline Coppey (exposition/peinture)

Caroline Coppey sous (couleurs) acides 

Par des couleurs posées d’un geste vif et léger, Caroline Coppey (lire notre entretien avec l’artiste) transpose ce que lui inspire le monde.  A la recherche de sa décantation elle en atteint la clarté, l’immatériel mais en se préoccupant qu’ils puissent être palpables.  Inutile cependant, afin de regarder ses toiles,  de procéder comme le demandait pour ses polyptiques Joan Mitchell – dont l’artiste est proche à plus d’un titre. Une jumelle plate n’est pas utile  afin de s’en éloigner. Même dans ses œuvres aux dimensions importantes, l’intimité s’en saisit toujours à la bonne distance du regard. Si bien qu’on semble « entendre » chanter l’œuvre à travers le mouvement de ses couleurs. Rose : Sol, bleu : Si, émeraude : Do aurait pu dire Rimbaud…

 Gouttes, papiers marouflés sur bois de 126 x 148,5 cm, 2008

Un expressionnisme abstrait – mais tout compte fait pas si abstrait que ça – offre la contemplation d’un langage. Il ne suit pas docilement une linéarité puisque sans cesse il implique de monter, descendre, arpenter, bifurquer. En surgit l’histoire du labyrinthe du monde et de l’être car l’artiste n’oublie jamais une idée majeure : l’image picturale atteint son but dans la mesure où elle établit entre des réalités sensiblement distinctes des rapports et des échanges. Elle est donc trait d’union et non voile.

Oscillant entre poésie de réel et instinct l’abstraction, Caroline Coppey tend vers le gestuel, le musical et l’optique. Tout dans l’œuvre est îlot de lumière. Se devine dans cet univers de formes la présence d’un fantôme. D’ailleurs, toutes les grandes oeuvres ne sont-elles pas des histoires de fantômes?  Mais l’œuvre reste une arme pour se battre contre ce spectre, contre le revenant qui nous hante afin de laisser émerger le désir de vie.  Contempler l’œuvre de Caroline Coppey c’est accomplir un voyage pour que l’oeil entende les déplacements proposés loin de chemins balisés. La plasticienne permet donc à l’espace de vibrer par le tremblement de matière et retrouve le caractère intact d’une émotion première.  Suivre ses formes, ses couleurs et leurs rythmes détruit le caractère sinistre du monde sous l’acidité des couleurs en des instants où  la matière ose à peine se poser comme si Caroline Coppey n’en retenait que l’écume.

 jean-paul gavard-perret

La plus récente exposition de Caroline Coppey a eu lieu à la Galerie Alexandre Cadain, 76, rue Quincampoix, 75003 Paris

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