Brave haut
Enfourchant la moto avec Satan ou copulant avec un amant, Trotula se fait goutteuse. Son mari urologue et espion reste content lorsque son jupon se soulève quand un autre lui tient lieu de remplaçant. Il prend au son sujet de sa Lombarde des notes sur son endroit secret et ses va-et-vient avant de l’examiner plus tard avec attention.
Une telle maîtresse femme experte en langue latine pratique des coïts peu admis par l’église. Mais sa santé sexuelle vaut bien plus qu’une messe. Se croyant stérile, elle ne craint pas d’accoucher dans la douleur et active sa circulation du sang dans des bains de mer.
Toute solution vaut une prière puisque faire de telles choses est possible. Le Mâlin lui-même et ses deux oignons peuvent servir de médication. Intuitif, le fabuleux mari n’en doute pas, même si sa propre insuffisance d’érection n’est pas contre l’idée que le sperme crée des enfants. Il se voudrait généreux mais la déception de son épouse attise sur lui ses foudres.
Le temps s’ouvre en spirales affamées, dévore ce qui tremble, ce qui s’accroche, avale les noms, ronge les mémoires jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un goût de rouille sur la langue. La femme laissant une Harley-Davidson et qui n’a peur de personne, glisse et rit s’effondrant en plusieurs lits ; l’époux si peu perché arrache mes songes comme des ronces et les tord en lianes noires pour ligoter le vide.
jean-paul gavard-perret
Photo Danny Lion