Au commencement

Au commencement

Ressasser et reprendre gardent notre exigence pour décomposer puis recomposer l’intelligence du corps. C’est un cycle non pas pour apprendre de voix notre texte comme le font les acteurs et certains moines, mais pour faire apparaître un sens en accord avec notre « qui nous sommes » – quitte à paraître ennuyeux au sein même de notre matière et de notre mémoire. Et ce, pour progresser du passé et ronger l’avenir bien plus que son frein.

Répéter, c’est donc reculer pour avancer dans le présent dit « pur » : mais il n’est qu’insaisissable entre l’avant forgeant l’avenir, et ce dernier confirmant le premier. Notre activité fluctue entre notre volonté de changer ou de patiner face à toute évolution. Mais ahanant, nous nous sentons mieux : l’avenir nous semble prédéterminé mais le passé ouvre son horizon. Que Bergson ne sorte : les philosophes n’ont aucune distance critique face à nos jongleries où, à force de le répéter, un mot vaut pour un autre même si chaque fois nous le faisons nôtre sans nous priver de la pensée qui nous a stimulé. Mais quand ?

Ne tranchons pas, faisons corps avec ce « là quand » contre ces mots qu’à force nous fréquentons par familiarité. Certes, notre méthode ne nous permet pas d’établir un sens à venir : mais nous avons le souci de revenir à l’essentiel. Où de le retenir.

Photo inconnue

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