Arnaud Labelle-Rojoux, Voyez-vous ça ! (exposition)

Arnaud Labelle-Rojoux, Voyez-vous ça ! (exposition)

Pour Arnaud Labelle-Rojoux, l’art rend la vie plus intéressante que lui-même. Son œuvre se réclame comme une parodie par défiguration ou surfiguration. Associé au mouvement Fluxus, l’artiste revendique le non sérieux, le grotesque voire le ridicule. Il établit une généalogie de ses prédécesseurs, artistes et poètes « embarqués dans des rapides », de Lautréamont à Jarry et Dada jusqu’au Surréalisme. Ils inspirent de près ou de loin son irrévérence et nourrissent ses performances, livres et œuvres visuelles.

Dans Voyez-vous ça !, sa culture autodidacte est exposée en une synthèse visuelle de la culture populaire. L’assassin de L. H. Oswald voisine avec le Lacenaire des Visiteurs du soir, Delacroix avec Betty Boop. Extraits de (vieux) journaux, de revues, d’Internet tout est bon pour vaquer moins dans l’émotion sentimentale que dans celle des fantasmes.

Dès lors, Arnaud Rojoux propose les banni(e)s de l’art populaire. Il préfère du Lio plutôt que du Beethoven sans opposer style dit mineur et mode majeure : photomontages, cut-up, sampling deviennent un réservoir de sa mythologie et de sa pratique pour offrir des visions (d)émultipliées. Les bords valent autant que le centre en ce qu’il montre et écrit dans un cheminement sans hiérarchie de genre où il revendique sa « non-spécialité du non-expert », ce qui fait de lui un pope du kitsch.

En son approche, la femme revient toujours . Souvent totalement nue, ou à moitié déshabillée, pin-up et ses fétiches, figurine de consommation sexuelle fascinante et triviale. L’auteur les épingle pour narguer le voyeur. Le mâle n’est pas en reste, sous la figure du rockeur – dont Elvis et son pelvis bien sûr. Mais avant tout, les seins décoratifs dominent au nom de leur culte ou du rituel qu’ils méritent.

Arnaud Labelle-Rojoux, Voyez-vous ça !, catalogue, MAC-VAL, du 15 novembre 2025 au 15 février 2026.

Laisser un commentaire