Alma Bibolotti, Visage fragile
Née à Bari, c’est en France où elle a travaillé pendant 6 ans que la relation avec la photographie a commencé avec la découverte des oeuvres de Edward Weston, Mimmo Jodice, Mario Giacomelli, Lucien Clergue, etc.
La photographie est d’abord pour elle un voyage intérieur et elle peut exprimer ses émotions les plus profondes.
Elle est passée de la photographie analogique à la numérique et une grande partie de son travail se concentre sur le langage de la nature, la relation avec le paysage qui évoquent des mondes parallèles où la rêverie et un double sens prévalent.
Pour cette série, Alma Bibolotti a pris ces photos dans la partie orientale des Dolomites de Vénétie dans un paysage primitif et apparemment intact.
Les éléments naturels travaillent sur les rochers depuis, en créant des courbes sensuelles qui révèlent l’âme profonde de la nature.
Le but de la photographe est aussi de montrer la fragilité de la montagne soumise aux effets du changement climatique. Des données scientifiques récentes montrent que les zones de basse altitude comme la région des Dolomites présentent un permafrost fragile extrêmement sensible aux changements climatiques.
Une autre conséquence des températures élevées est la fissuration par le gel : l’eau provenant de la pluie ou de la fonte des neiges pénètre dans les rochers et entraîne des effondrements comme ceux qui ont eu lieu récemment en Italie.
Néanmoins, la nature est là dans tous ses états et le témoignage des conséquences néfastes du réchauffement est subsumé par ce que la photographe donne à voir dans sa poésie première.
jean-paul gavard-perret
Alma Bibolotti, Visage fragile, L’oeil de la Photographie, juillet 2022.
