Jack Williamson, Plus noir que vous ne pensez

Jack Williamson, Plus noir que vous ne pensez

Will Barbee, journaliste, enquête sur le mystérieux Enfant de la nuit qui pourrait bien sonner le glas de l’humanité.

Plus noir que vous ne pensez, paru en 1940 dans la revue Unknown sous le titre original Darker than you think a tout du roman de mauvais genres. C’est à la fois un livre de science-fiction et un livre à suspense. Je prends ici le parti-pris de le ranger dans les romans noirs parce que, si le fantastique est omniprésent et donc l’histoire hautement improbable, la trame n’en demeure pas moins une véritable investigation, une véritable enquête et aussi une double course contre la montre.

Double parce que si toute l’histoire repose sur « Qui est l’enfant de la nuit ? », un être foncièrement mauvais qu’une race presque éteinte hybride des vampires et des loups-garous ( ?) attend comme le messie, il faut que Will Barbee échappe à la police et à la folie qui menace son cerveau, plus enclin d’habitude au cartésianisme.Barbee est un journaliste qui couvre le retour d’une expédition scientifique menée par le professeur Mondrick et dont il a été mystérieusement écarté des années auparavant. Il rencontre la ravissante April qui se retrouve liée à une escalade de meurtres parmi les protagonistes à commencer par le professeur, lui-même, à peine le sol de sa ville foulé.

Il fait d’étranges rêves dans lesquels il se métamorphose et prend une part active à tous ces odieux crimes aux côtés d’un mentor qui se trouve, évidemment, être April. Où est la frontière entre réalité et onirisme ? Le docteur Glenn, au sein de sa maison de repos de Glennhaven, pourra-t-il faire quelque chose pour éviter que Barbee ne sombre dans la folie ? L’auteur de cet ouvrage, Jack Williamson, aime jongler dans l’univers de la S.-F. et du Mystère. Plus noir que vous ne pensez n’avait pas été réédité depuis 1988 et une parution poche chez Pocket, les éditeurs lui préférant son chef-d’œuvre Les Humanoïdes, véritable roman de S.-F. Sa réédition par Joëlle Losfeld mérite d’être saluée. Ce roman étant un modèle du genre.

La force de Jack Williamson réside en sa faculté à créer et à entretenir une tension narrative qui confine à l’insoutenable. Barbee, dans son rôle premier de sauveur de l’humanité, incarne parfaitement l’homme hyper sensé en proie au doute et ne rencontrant que des scientifiques rigoureux qui ne laissent aucune place à l’irréel. Partant de cet état de fait, le poids de la recherche solitaire ne peut que s’avérer trop lourd pour une personne assaillie par toutes sortes de démons, au sens propre comme au sens figuré. À moins que…

julien védrenne

   
 

Jack Williamson, Plus noir que vous ne pensez (traduit de l’américain par Michel Chrestien), Joëlle Losfeld, 2004, 330 p. – 10,00 €.

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