Dictionnaire du roman populaire francophone
De About à Zigomar, ce que vous avez toujours voulu savoir sur la littérature populaire en 500 notices sans jamais avoir osé le demander
En 2004, Nouveau monde éditions avait déjà publié un Dictionnaire du cinéma populaire français. Trois ans plus tard, ils récidivent en traitant de manière analogue le roman populaire non plus « français » mais « francophone », élargissant par là le domaine de recherche à la Belgique et au Québec.
L’ouvrage ouvre pêle-mêle les entrées aux genres, aux héros, aux éditeurs, aux collections et aux auteurs, le tout aéré d’un abécédaire de vingt-quatre pages en couleur qui multiplie les reproductions de vieilles couvertures de romans et d’affiches publicitaires. De quoi ravir les esthètes. Au hasard des pages, le lecteur découvre des propos de Martin Winckler ou de Jérôme Mauche, entre autres, qui sont autant de Je me souviens à la Pérec. Arrivent en tête de ces souvenirs d’enfance, Enid Blyton et la fameuse « Bibliothèque rose ». Mais le roman de cape et d’épée reste très bien placé. Lagardère et D’Artagnan sont aux premières loges tandis qu’Arsène Lupin et Martine planent au-dessus de ces petites têtes.
Pascal Ory, dans sa préface, tente d’expliquer pourquoi le roman populaire ne réussit pas à conquérir ses lettres de noblesse à quelques exceptions près (Alexandre Dumas, Eugène Sue, Jules Verne…). Et encore, qui lit Eugène Sue aujourd’hui ? Le lit-on avec la même impatience jubilatoire qu’à l’époque où Les Mystères de Paris sortaient en roman-feuilleton ? Pascal Ory parle du triangle sacré de la « forme », du « fond » et de la « société ». S’il admet qu’Alexandre Dumas échappe au dénigrement de la « littérature industrielle », il met surtout en avant son ingéniosité à créer un genre – le cape-et-épée – qui est une « forme » sociétale. Si Alexandre Dumas survit encore aujourd’hui, c’est surtout parce que cette « forme » associée à la « société » reste toujours d’actualité. Ce qui n’est peut-être malheureusement pas le cas des Mystères de Paris. En extrapolant quelque peu, on peut aussi admettre que dans l’œuvre de Dumas ne ressortent que quelques ouvrages parmi tous ceux qu’il a écrits. Le Chevalier d’Harmental et Le Corricolo sont autant de pales copies (si l’on peut dire) de ses succès pérennes : Les Trois mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, La Reine Margot…
Avec 500 notices réalisées par 71 spécialistes de la littérature de genre, ce dictionnaire propose un survol plus qu’intéressant. S’il est difficile de valoriser l’un d’eux plus qu’un autre, on peut cependant apprécier la présence de Jacques Baudou (Enigmatika), de Claude Mesplède (dont la prochaine version du Dictionnaire des Littératures Policières est prévue courant novembre) et de Norbert Spehner (Marginalia). Thierry Chevrier de l’AARP (Association des Amis du Roman Populaire) a évidemment participé à cet ouvrage qui sera une référence à consulter pour le profane comme pour le spécialiste.
j. vedrenne
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Sous la direction de Daniel Compère, Dictionnaire du roman populaire francophone, Nouveau monde éditions, septembre 2007, 496 p. – 39,00 €. |
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