Patrick Bastardoz & Patrick Cornillet, Un double Patrick s’il vous plaît (exposition)
Pour clore sa saison, la galerie Bertrand Gillig propose les dernières oeuvres de Patrick Bastardoz et des petits formats inédits de Patrick Cornillet. Leur problématique commune : la construction et l’architecture. Il arrive dans cet univers que certains édifices délétères deviennent des cuisses affriolantes et les gigots d’agnelles de nonnes à la retraite redevenues poulettes. Toutefois, la sainteté des œuvres est très particulière. Elle permet d’entrer dans l’enfer des mégalopoles et de leurs constructions.
Les voiries semblent parfois impénétrables. La ville devenue cantatrice chauve plus que chaude fait néanmoins succomber ses plus fervents dévots ou ses esclaves. Bref, les deux artistes montrent combien les dessous chics des cités inquiètent. Leurs avenues des Maréchaux ne se parcourent pas forcément les doigts dans l’Ney. Quant aux boîtes architecturales, elles n’ont plus rien de cafés de campagne où viennent se désaltérer des saouls chefs.
Les « Patrick » illustrent combien les temps changent et comment nos demeures ressemblent de plus en plus à des canulars sauvages en feignant de devenir des soutiens aux gorges du Colorado ou d’ailleurs. Néanmoins, le goût des formes représente un alcool attachant. Mais il nous colle au fond d’un univers sale où les hommes comme les femmes ne sont que des taupes-less.
Pour preuve, les plasticiens ont évacué de leurs œuvres toute présence humaine afin d’illustrer ce que le monde devient si nul n’y prend garde.
jean-paul gavard-perret
Patrick Bastardoz & Patrick Cornillet, Un double Patrick s’il vous plaît, Galerie Bertrand Gillig 11 rue Oberlin 67000 Strasbourg, du 6 au 9 juillet 2017.
