Andréas Becker, Minuit

Andréas Becker, Minuit

Anne-Lise Desherbes est mariée depuis dix-huit ans avec Anatole Calfeutre, mais elle a voulu garder son nom. Elle est livrée à elle-même, sans amour, sans passion. Il est directeur d’assurance, épris de chiffres et de statistiques. Elle est la mère d’un adolescent en manque d’attention maternelle. Elle noie son ennui dans la prise excessive de médicaments qui la font aborder des paradis artificiels.
Elle est attirée par le mystère d’un meurtre au cœur de Paris. Au fil de ses errances, elle rencontre un homme et s’offre une brève idylle. Mais cette rencontre est-elle due au hasard ? Un complot se trame qui semble impliquer autant l’amant que le mari. Et le piège se referme. Seul, dans l’ombre, son fils aura vu. Point aveugle de l’intrigue, il est cette ligne de fuite d’un amour véritable et d’une lucidité sans compromission.

La langue sobre et puissante d’Andréas Becker épouse les illusions et les vertiges d’un esprit prisonnier d’addictions. Le ressort du roman se rapproche de l’intrigue policière en empruntent les codes du Nouveau Roman et des observations précises d’un environnement trouble.
Le récit se situe à l’été 1973, quelques semaines avant le premier choc pétrolier. Paris Rive Gauche, la construction des banlieues, le bouclage du périphérique, tous ces mouvements urbains deviennent des personnages. Les vertiges d’une consommation effrénée, les couleurs, les réclames, un mode de vie affolé reflètent les troubles d’Anne-Lise Desherbes et sa soif inextinguible de l’inédit.

Dans ce nouveau livre, le romancier, avec un réalisme remarquable, plonge ses lecteurs dans les affres d’une femme amoureuse, vulnérable et forte, en proie aux addictions.

Andréas Becker, Minuit, Les Éditions Metropolis, coll. Littérature, août 2026, 144 p. – 15,00 €.

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