Jérôme Le Gris, Benoît Dellac & Paolo Martinello, Pendragon – t.03 : « Le Roi-Griffe »

Jérôme Le Gris, Benoît Dellac & Paolo Martinello, Pendragon – t.03 : « Le Roi-Griffe »

Les légions romaines ont quitté les terres d’Alba, plongeant le pays dans le chaos. Les clans rivaux se livrent des guerres intestines. Les anciennes traditions celtes vacillent face à l’émergence du Dieu blanc le tenant d’une religion monothéiste.

Celui qui s’empare de Calibùr règnera sans partage sur les sept royaumes. Surveillés par Merlin, les sept rois des Basses-Terres s’élancent à l’aube sur les pans du Croc de Lug pour s’approprier de l’emblème de la légitimité des dieux. Toutes les traîtrises sont possibles mais Arthur, malgré ses réticences, est le seul à pouvoir en prendre possession. Il est le nouveau Pendraig à régner sur Alba et devient Arthur Pendragon.
Au camp de Drusen, celui-ci, parti rejoindre le Roi-Griffe, a donné l’ordre à Kael, une de ses femmes, de tuer Mordred, le demi-frère d’Arthur. Cependant, il réussit à prendre le dessus sur la tueuse. S’approche alors une silhouette se présentant comme une sorcière pratiquant la magie noire de Cailleach, une pratique interdite. Elle lui propose un marché qu’il ne peut refuser.
Arthur est couronné et Elwen, son épouse, est ravie. En soirée, des questions maladroites la mettent en colère et elle part en jurant de ne plus dormir avec lui.
Mordred apprend qui est la femme qui l’a délivrée. Elle est revenue pour se venger et elle en a les moyens. Parallèlement, au camp du Roi-Griffe…

La légende d’Arthur et celle d’Excalibur n’en finissent pas d’inspirer des auteurs. Certes, il y a de nombreuses façons de l’appréhender, de l’analyser, d’en comprendre toutes les finesses, d’en traquer le contexte, les liens avec l’époque et le peuple qui les ont formulés.
Jérôme Le Gris revisite librement ce mythe chrétien du Graal en l’inscrivant au Ve siècle. Il installe son récit sur les terres d’Alba et la carte qui illustre la deuxième partie de la couverture ressemble bien à une terre parfaitement identifiable.
La nécessité d’une cohésion entre les peuplades est forte pour faire face à la menace de guerre qui enfle. L’image est terrible car elle illustre une actualité brulante, celle d’une Europe trop couarde face à un tyran prêt à tout pour la détruire.
Arthur est présenté comme réservé, faisant preuve de retenue, se faisant traiter de bâtard par des individus à la lignée bien incertaine cependant. Mais le poids des responsabilités…

Le graphisme est l’œuvre d’une équipe composée de Benoît Dellac qui assure le story board avec Paolo Martinello. Ce dernier réalise le dessin et participe à la mise en couleurs avec Martina Pignedoli. Il résulte de ce travail collectif des planches superbes avec des personnages réalistes et très identifiables, des décors et des extérieurs d’une grande beauté. Les scènes d’action sont dynamiques et d’un bel intérêt.
Les couleurs sont contrastées, révélant superbement les ambiances glaciales des montagnes et les chatoiements des scènes d’intérieurs et la violence des batailles

Ce troisième tome conforte tout l’attrait pour la série, que ce soit pour le déroulement de l’intrigue, la galerie des personnages et pour la mise en scène dans des planches attrayantes.

Jérôme Le Gris (scénario), Benoît Dellac (story Board), Paolo Martinello (story Board, dessin et couleur) & Martina Pignedoli (couleur), Pendragon – t.03 : « Le Roi-Griffe », Glénat, coll. 24×32, juin 2026, 56 p. – 15,50 €.

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