Jean-François di Giorgio & Fabrizio des Dorides, Wyoming, 1863 – t.02 : « L’arbre au pendu »
Un western intense !
Emma Bridges se souvient de la chasse au bison menée avec son époux et leurs deux fillettes. Un seul animal était abattu car cela suffisait pour avoir de la viande pour l’hiver. Mais c’était avant qu’un Allemand découvre comment tanner leur peau. Depuis, c’est le massacre de ces animaux pour satisfaire une forte demande. Mais elle se souvient surtout de ces quatre nuisibles qui lui ont enlevé ses deux filles, Ana et Clara. Depuis, elle accepte toutes sortes de missions et les recherche.
Pour l’instant, elle est sur un toit du Creek Ranch comme sentinelle. C’est le vieux Frank qui lui apporte son petit-déjeuner et qui lui révèle que tout près, à Greeybull, à quelques jours de différence, deux gamines ont également été enlevées. Mais, aller sur place n’est pas possible car elle voit arriver la bande de Diego, un redoutable pilleur mexicain. Celui-ci veut s’emparer des chevaux, massacrant tous ceux qui pourraient s’opposer.
Tous les hommes sont mobilisés pour résister. Julia demande à Virginia, sa sœur, de trouver Bill, l’homme qui est là pour se fiancer avec elle. Ce dernier est dans la chambre d’Algernon Wood et a commencé à accomplir sa vengeance…
Cette trilogie décrit trois destins dramatiques qui se jouent dans les étendues sauvages du Wyoming. Ce second tome met en scène les trois protagonistes. C’est d’abord la plus attachante, Emma qui a vu sa vie anéantie après l’enlèvement de ses deux filles adorées par une bande sanguinaire. C’est Diego, un Mexicain qui, à la tête d’une bande de barbares, veut s’emparer d’un élément de richesse de l’époque, les chevaux, et qui est prêt à faire un carnage. C’est Bill, ce jeune et beau garçon au passé obscur qui s’installe dans la famille d’un riche éleveur, un homme au passé bien trouble. Mais, peut-on faire faire fortune sans se salir les mains et plus ?
Le scénariste retient un récit privilégiant l’action. Il retrouve les codes originaux du western, à savoir la violence, le sang, dans un cadre juridique plus que sommaire. C’est la vengeance qui mène la danse avec ses excès. Il est vrai que le nombre de morts est assez impressionnant. Mais le scénariste exagère-t-il la violence, donne-t-il à celle-ci une place trop importante quand on voit, aujourd’hui, ce que sont capables de faire un trump et son administration, un poutine et ses sbires… ?
Le graphisme est d’une remarquable efficacité. Il est l’œuvre de Fabrizio Des Dorides pour un dessin réaliste et de Garluk pour une mise en couleurs expressive des atmosphères. Le premier assure une mise en page d’une belle fluidité avec un découpage et des plans très marquants.
Ce tome deux, avec ces révélations sur les principaux protagonistes, se révèle excellent. Et la tonicité du scénario, relayée de belle manière par le graphisme, emporte l’adhésion.
serge perraud
Jean-François di Giorgio (scénario), Fabrizio des Dorides (dessin) & Garluk (couleur), Wyoming, 1863 – t.02 : « L’arbre au pendu », Soleil, coll. Aventures, juin 2026, 52 p. – 16,50 €.