Rachel Joyce, La Villa du Lac

Rachel Joyce, La Villa du Lac

Vic Kemp, artiste-peintre de 76 ans, a invité ses quatre enfants dans un bar à nouilles de Greek Street. C’est ainsi que Netta, Susan, Gustav, appelé Goose parce que petit il était incapable de prononcer son prénom, et Iris se retrouvent. Ils s’interrogent car cela fait plusieurs semaines qu’ils sont sans nouvelles de lui, qu’ils ne l’ont pas aperçu.
Ils voient un homme qui les avait habitués à osciller entre gueule de bois et ébriété active terriblement amaigri et buvant du… thé. Il leur demande de deviner la grande nouvelle dont il veut leur faire part. Ils pensent à une œuvre originale, depuis quelques mois la créativité de Vic est en berne. Non, il va se marier avec Bella-Mae, une femme de 27 ans, qu’il a rencontrée sur un réseau. Depuis, ils ne se quittent plus. Et le mariage se fera dans la villa sur la petite île du lac d’Orta, dans la Piémont italien. Il va s’y rendre très vite en compagnie de Bella.
Abasourdis, les enfants tentent de comprendre. Pour eux, Bella est une star du porno, ils n’imaginent pas leur père aller sur d’autres réseaux. Mais quand Vic est retrouvé noyé dans le lac…

Le thème premier du roman est relatif à ces moments où le chaos s’installe au sein d’une famille, ces circonstances où le désordre fait irruption après la mort d’un parent, à la suite d’événements imprévus ou traumatisants. Dans le cas présent, la romancière multiplie les troubles avec le mariage du père avec cette femme et un énorme écart d’âge, la mort brutale du patriarche et la recherche de cette œuvre qui devait être géniale.
De plus, une vague de chaleur s’abat sur l’Europe rendant cet été particulièrement étouffant. Les membres de la fratrie, nés à quelques années d’écart, touchant ou près de la quarantaine, ont toujours été proches. Mais ces déstabilisations, les réponses qu’ils cherchent les poussent à s‘interroger sur eux-mêmes, sur ceux qui les entourent, sur leur père et leur nouvelle belle-mère. Des fissures apparaissent et elles se creusent.

À travers son récit mené avec une belle tension, l’auteure interroge sur la connaissance de soi-même, des autres, la connaissance d’étrangers à son microcosme. Elle brosse, parallèlement, une belle description de la campagne italienne.

Avec son septième roman, Rachel Joyce offre une magnifique histoire sur les relations familiales, sur la fragilité de celles-ci quand un chaos s’installe.

Rachel Joyce, La Villa du Lac (The Homemade God), traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff, XO Éditions, février 2026, 416 p. – 21,90 €.

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