Marie de Quatrebarbes, Les éléments

Marie de Quatrebarbes, Les éléments

Composé en quatre parties et une postface ou une « digression », le livre suit le découpage de la perception du plus petit au plus grand. A partir d’un enfant face à un pétale de tulipe, pour aller à la rencontre d’un monde équivoque. Ensuite, l’auteur présente une micro-biographie de Georges Méliès encore magicien de l’image comme poéticien possible du présent, puis une séquence « marine » arpente l’univers d’une plage et la quatrième se penche sur des formes de vies ambivalentes, sensibles et inanimées. Tout finit sur l’évocation d’une maison traversée par le vent et par engendrements et actes transitifs en milieu de dispersion.

Le livre parcourt des durées hétérogènes, cherchant son point d’équilibre entre temps longs et fulguration du présent. Marie de Quatrebarbes parvient ainsi à créer une langue intime, fragile pour faire apparaître à la fois les obsessions et les fantômes avec lesquels nous peuplons le monde à travers des « éléments ». Dans ce labyrinthe ou cette déambulation, l’aventure d’un corps (celle de l’auteure mais pas seulement) tente de pénétrer ou de franchir des obstacles instables. Le tout est monté ici par dispersion comme une architecture d’une avant-forme de ce qui est, de ce qui fut mais aussi ce qui anticipe par création et destruction.

De paradoxaux veloutés et voluptés s’ébauchent dans un clair-obscur et un peu d’ombres mais peuvent se briser de peur, de joie et d’espérance par des recouvrances qui prennent une puissance plus ou moins évidente. Comme un coup de couteau d’ombre, un tel chemin de mots croisés se noie dans le brouillard. Il se perd ou se ramasse de ses promesses de jadis même si restent donnés à l’inconnu de tels sauts.

Marie de Quatrebarbes, Les éléments, P.O.L éditeur, novembre 2024, 96 p. – 14,00 €.




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