Voix d’écrivaines francophones, Nos exils
Le droit de vivre
Les éditions des femmes Antoinette Fouque poursuivent leur travail thématique au sujet des travaux de Parlement des Ecrivaines Francophones. Après Toi, ma mère puis Corps de fille, corps de femme, cet ouvrage propose textes, poèmes sur la spécificité de l’exil féminin et traduit cette expérience à travers le regard de vingt autrices de talent issues de toute la francophonie.
Ces textes soulignent ce qui génère des libérations ou des arrachements. Ces situations passent toujours sous le joug (bénéfique) de l’émotion en différentes strates. Carmen Campo Real, Camilla M. Cedernan, Ananda Devi , Alicia Dujovne Ortiz, Georgia Makhlouf , Claudine Monteil entre autres, à partir de leurs souvenirs, leurs blessures ou cicatrices font preuve d’une délicatesse qui donne plus de prégnance à de tels abords.
Certes, pour une femme, quitter son pays est un tabou. Sous ses pas, celui-ci tombe et avancent une liberté conquise (ou à conquérir) et l’accès à une identité qui prend diverses formes. L’exil est donc présenté comme un outil voire parfois une obsession pour une femme de trouver un statut neuf. Celles qui étaient sous influences se retrouvent parfois à d’autres intersections. Mais face à diverses lâchetés, de telles femmes ont été ou sont encore en lutte après des réveils où jouxtant divisions et errements que crée l’exil.
Il est flanqué ici de ses deux faces et les auteures nous montrent ce qui soulage ou pèse. Mais dans ce livre et face à ce problème émergent bien des solutions qui passent généralement d’installations temporaires jusqu’au moment où se construisent des fondements face à des forces encore « mâlignes ». Cette nouvelle culture via de tels transferts suit son cours.
Face aux monstres brutaux qui les écorchaient, les femmes ont su craquer divers types de frontière. Elles ont gagné leur âme souvent ni tout à fait heureuses ni tout à fait tranquilles. Elles trouvent le pouvoir de découvrir l’envie d’être aimées et de rendre leur intérieur solide là d’ailleurs toute la gamme des satisfactions n’a rien d’égoïste.
jean-paul gavard-perret
Voix d’écrivaines francophones, Nos exils , éditions des femmes Antoinette Fouque, 2025, 190 p. – 15, €.