Vladimir Martinovski, La vraie eau

Vladimir Martinovski, La vraie eau

Il faut savoir vivre bien. Pour preuve selon l’auteur : « La pile / de l’ordinateur est morte : Enfin seuls ». Et un tel diplômé et érudit (philologue, sémioticien et comparatiste) est un farceur. Il se moque de tout ou presque, prenant sa vie comme un jeu, mais se revendique méritant et actif en diverses fonctions même sous la neige et sans donner de raisons à ses motivations.

Il est à la fois le Quichotte et Sancho Pança pour éviter les brutes épaisses médiocres, esquiver les fâcheux. Sa tactique du fantôme paie en une suite de divers détour astucieux ou bon marché. Certes, toute sorte de gardiens lui adressent des reproches. Mais il trouve des astuces, même qu’en mélomane approximatif il prétend avoir l’oreille absolue. Ses ressources sont innombrables.

Sa poésie burlesque aussi. Toutes les astuces mobilisent les fondements, les mystères et énigmes. Tout est ici peut-être trop juste, mais l’ensemble et décapant pour décamper et cultiver notre jardins loin des épuisants. Quant à l’eau elle-même, il l’a connue parfois plus que le vin. Il fut baptisé par une vendeuse de Pékin sur un marché où il acheta très bon marché la magnifique contrefaçon d’un anorak vert olive. Pour prouver l’étanchéité du vêtement, la vendeuse l’arrosa. Au moins cette eau n’était pas de contrefaçon d’une grande marque.

Vladimir Martinovski, La vraie eau, Jacques André éditeur, trad. du macédonien par Jeanne Delcroix-Angelovski, 2025, 62 p. – 12,00 €.

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