Vincenzo Pezzella, Omaggio a Toto

Vincenzo Pezzella, Omaggio a Toto

« L’uomo discende dalla scimmia, io no perché sono racommandato » (Toto)

Antonio De Curtis Gagliardi Ducas Comnène de Byzance, dit Toto, est né le 15 février 1898. Il s’est fait connaître sur les scènes napolitaines et romaines bien avant d’entamer une carrière cinématographique qui ne le fera, d’ailleurs, jamais renoncer au théâtre. L’originalité de son jeu comique, fondé sur la pantomime reste largement méconnue en France. Dès son premier film en 1937 « Fermo con le mani ! », sa personnalité est alors définitivement affirmée et déroutante.
Affichant sa fabuleuse ascendance princière, son comique s’enracine dans la tradition populaire napolitaine. Pour lui, il était impossible de faire rire en ignorant la douleur, la faim, l’amour sans espoir, la solitude de certaines chambres meublées, le pouvoir d’imprésarios véreux et la méchanceté d’un public sans éducation. Sous l’humour se cachent cynisme et cruauté et le refus de la sentimentalité et du pathos.

En 1957, pendant un spectacle à Palerme, Toto devient aveugle. Il continuera pourtant encore dix-ans à travailler, jusqu’à sa mort. Il est connu entre autres chez nous par « Le Pigeon » de Mario Monicelli et pour ses rôles dans deux films Pier Paolo Pasolini : « Uccellacci e uccellini » ainsi que dans un sketch de « La Terre vue de la Lune ».
Il a tourné souvent des films médiocres qu’il sauve par sa présence. Vincenzo Pezzella donne un portrait poétique du parfait iconoclaste, maître absolu d’un art aussi sophistiqué que brutal, à la limite du paranoïaque. Toto insulte, frappe, fait semblant de pleurer, hurle, crache, donne parfois de grands coups de chaussure dans l’estomac et éternue sans cesse en un de ses gimmick majeurs. Ecrasé et exclu de la société, il est le modèle de celui qui résiste sans pour autant revendiquer un rôle politique précis.

jean-paul gavard-perret

Vincenzo Pezzella, Omaggio a Toto, Edizioni Pulcinoelefante, 1998.

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